En ce 27 septembre, Pro Bruxsel ne se joint pas aux réjouissances et ne fête pas la Communauté française.
Pro Bruxsel dénonce l’hypocrisie ambiante qui consiste à ne considérer la Belgique fédérale que sous l’aspect communautaire alors que la Constitution, dans son article trois, expose que « la Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise. »
En outre, dans son article quatre, la Constitution précise que « la Belgique comprend quatre régions linguistiques : la région de langue française, la région de langue néerlandaise, la région bilingue de Bruxelles-Capitale et la région de langue allemande. »
Il est aisé de comprendre que la région de langue française, c’est la Wallonie, la région de langue néerlandaise, c’est la Flandre et que la région de langue allemande comprend les communes de l’est du pays. Bien. Il est donc sans doute assez logique que chacune de ses régions linguistiques, clairement identifiées et délimités, dispose d’institutions gérant les matières culturelles et les matières dites « personnalisables », c'est-à-dire touchant directement à la vie des gens telles que la santé, la jeunesse, le sport, etc.
Il peut paraître logique que ces trois régions dont les habitants partagent une langue et une culture commune soient gérées de telle sorte que les spécificités de chacune de ces régions linguistiques soient correctement prises en compte par des institutions autonomes dédiées.
Si l’on peut l’accepter pour la Flandre, la Wallonie et la région germanophone, pourquoi ne peut-on pas accorder à la Région bruxelloise, clairement définie comme bilingue et précisément délimitée par la loi, une autonomie culturelle et la doter d’une institution capable de gérer ces matières en prenant totalement en compte les spécificités de cette région bilingue, de plus en plus multiculturelle et particulière en cela qu’elle est à la fois une Région et une ville accueillant non seulement les différentes communautés historiques de ce pays mais également une forte population d’origines diverses et des citoyens européens de la plupart des Etats membres de l’Union européenne.
Il ne s’agit que de bon sens et d’équité vis-à-vis du million de Bruxellois, acteurs dynamiques d’une évolution mondiale inéluctable : la mutation d’une population mondiale historiquement majoritairement rurale et culturellement homogène en une population citadine, concentrée dans de grandes métropoles brassant de très nombreuses langues et cultures différentes.
Bruxelles n’est ni la Flandre, ni la Wallonie. Bruxelles n’est ni francophone, ni néerlandophone. Bruxelles est la préfiguration de la métropole du troisième millénaire : multilingue, multiculturelle, ouverte sur le monde et brassant de multiples composantes pour créer la nouvelle richesse de l’humanité. Donnons-lui les moyens de gérer cette richesse en toute autonomie et ne la réduisons pas à un sous-produit d’une communauté étroite qu’elle soit flamande ou française de Belgique.
Voila pourquoi Pro Bruxsel ne fera pas la fête à la Communauté française en ce 27 septembre, ni à la Communauté flamande le 11 juillet prochain.