31/10/2010

La Maroxelloise - agence de voyages

par Benjamin Vella

Aujourd'hui, coup de chapeau à toute une équipe, une troupe de théâtre vraiment extraordinaire, qui enchaîne année après année des tournées au succès garanti en Belgique et au Maroc. Ce dimanche marquait la fin d'un marathon théâtral de 10 jours à Forest autour de leur nouvelle et formidable création : La Maroxelloise - agence de voyages.

La Compagnie des Nouveaux Disaparus, tel est leur nom, plantait son chapiteau place Saint Denis (car il s'agit de théâtre nomade) pour le plus grand bonheur de leurs centaines (leurs milliers !) de spectateurs bruxellois, dont beaucoup, comme moi, sont devenus des fidèles. C'est qu'on se retrouve vite accroc à leurs spectacles, détonants, qui nous plongent littéralement dans l'univers des immigrés marocains qui se sont établis à Bruxelles. Un univers plutôt étranger à une moitié du public, mais formidablement familier à l'autre moitié de ce public métissé. Et c'est déjà là une réussite en soi ! Combien de fois en effet avons-nous l'occasion de passer une soirée ensemble ? Il nous arrive de nous assoir toevallig l'un à côté de l'autre dans le tram, mais nous n'échangeons que peu de choses... Sous le chapiteau de la Compagnie des Nouveaux Disparus, en revanche, se crée une alchimie fabuleuse : car nous assistons au spectacle de leur propre vie.

Les comédiens sont à côté de nous : on rit, on chante, on vit l'histoire avec eux. Astucieux, ils n'ont pas hésité cette année à transformer un bus en scène de théâtre - ou une scène de théâtre en bus, question de point de vue. En 2007, 2008 et 2009, ils nous embarquaient dans le périple de 5 immigrantes qui traversent la Méditerranée en barque : La Traversée de la Mort, inspirée de témoignages et d'histoires réelles, et qui raconte comment on en arrive à être prêt à risquer sa vie pour entrer en Europe.

Cette année, le car de la Maroxelloise nous propose le voyage inverse, un Bruxelles-Tanger en deux heures, au cours d'un spectacle à rebondissements faisant intervenir un nombre insoupçonnable de personnages plus colorés les uns que les autres : les chauffeurs, l'accompagnateur, la mère possessive et sa fille qui a invité une amie hystérique au bled, les mécaniciens, les douaniers français, l'imam, le vieillard, le jeune en training-chaussures de sport-chaussettes blanches (oui, exactement : celui que l'on appelle le "sale Arabe") et encore bien d'autres passagers aux histoires extraordinaires.

On en sort avec un goût de thé à la menthe, une odeur de safran, des mélodies invitant au voyage dans la tête, et l'idée qu'on vient d'assister à une expérience unique.



La peur de l'autre commence par l'incompréhension. Les occasions de se rencontrer sont trop rares et on est en droit de se demander si ce ne serait pas voulu (voir un communiqué de presse récent à ce sujet). Le travail de ces femmes et de ces hommes, d'origines, de cultures et de convictions variées, comble à son échelle ce manque.
Toutes les représentations se déroulent à guichet fermé et l'après-midi, ce sont des écoles qui prennent place dans le bus.

Bravo à eux pour cette œuvre sociale qui fait tant de bien !


Pour ceux qui l'auraient raté, rien n'est perdu ! La Compagnie a décidé de repartir en tournée avec ce même spectacle en 2011.

Passez aussi au Parc Royal pendant l'été (du 18 ou 21 août l'année prochaine) où a lieu le festival annuel "Théâtres Nomades". Un immanquable estival.

30/10/2010

Le Vlaams Belang propose son plan B

par Max De Brouwer

Gerolf Annemans, chef de file Vlaams Belang à la Chambre, et Steven Utsi, du Service d’études du VB, viennent de publier un livre « académique » intitulé « De ordelijke opdeling van België » (la scission de la Belgique en bon ordre), qui avance que l’indépendance de la Flandre peut également se faire sans révolution ni chaos. Ce livre, qui présente le « plan B » du V.B. serait en préparation depuis deux ans, mais s’est fait coiffer au poteau par la sortie du « plan B » de Di Rupo, qui envisageait, après l’échec de sa préformation, que la Flandre puisse effectivement tourner le dos à notre petit royaume et que la Wallonie pourrait fort bien y survivre.

Le Vlaams Belang, on le sait, outre ses positions racistes et xénophobes, a pour principal objectif l’indépendance totale de la Flandre. Le livre entend donc prouver, avec un argumentaire qui se veut scientifique, que cette scission est aujourd’hui viable, à condition qu’elle se passe en bon ordre. Entre une NV-A incapable de négocier parce que coincée dans son propre argument électoral d’autonomie et un VB qui se met à jouer la carte de la raison et du pseudo-académique pour faire oublier sa politique du coup de poing et ses danses de drapeaux, on va bientôt avoir difficile de faire la différence.

Pourquoi ce changement d’attitude au VB, qui n’a pourtant jamais eu peur de provoquer le chaos ou la révolution? C’est très simple. Une Flandre indépendante n’est possible qu’à condition d’une reconnaissance rapide de ce nouveau pays par l’Europe. Or la Belgique résiduelle pourrait y apporter son véto. Dès lors, une sortie de force serait vouée à l’échec. C’est ce qui explique que le VB propose un divorce en deux étapes. D’abord, la Flandre proclamerait sa souveraineté, après quoi on commencerait à négocier avec les Francophones sur le partage des actifs et passifs communs. De telles négociations sont-elles envisageables ? Cela semble difficile, au vu du déséquilibre d’un marché de dupes, de l’incapacité de communication des deux communautés et, surtout, de l’importance de la dette publique. Mais le VB a prévu un plan B à ce plan B : si ces négociations échouent, dans ce cas la Flandre proclamerait son indépendance et transformerait la frontière linguistique en frontière d’Etat.


Bruxelles vu par le Vlaams Belang

Une fois la frontière linguistique transformée en frontière d’Etat, Bruxelles serait annexée à la Flandre avec un statut spécial, avec une « inburgering » (assimilation) progressive.

Ce vœu impérialiste est-il réaliste ? Sans doute non.

Sauf si les Bruxellois continuent à réagir aussi peu que des moutons qu’on mène à l’abattoir. Sauf si la Wallonie, dans la négociation de partage de la dette publique avec la Flandre, lâche Bruxelles et accepte de ne pas mettre de véto à la reconnaissance européenne, en échange d’une diminution de sa part dans le partage de la dette 30 publique nationale.

25/10/2010

Plaidoyer pour la raison

par Max De Brouwer

Une fédération (monarchique) de Régions, c'est la seule solution.

Le communautarisme linguistique est aussi dangereux que le communautarisme religieux. Car leurs argumentaires respectifs ne ressortissent pas de la raison, mais bien de l'émotionnel, du passionnel. En découlent souvent les guerres: guerres de religions, guerre de l'ex-Yougoslavie, conquête des Amériques et de l'Afrique, 1ère guerre mondiale, etc.

BDW a des objectifs de puissance et de suprématie, c'est tout. Je le soupçonne de se tamponner de l'identité flamande, qui ne lui sert que de prétexte. Il semble qu'aujourd'hui un nombre croissant de Belges, néerlandophones comme francophones, succombent à la radicalisation passionnelle des discours, creusant ainsi le lit d'une déflagration brutale.

N'oublions jamais, quand nous nous échauffons, que nous faisons le jeu des puissants, imbus d'un sentiment de supériorité atavique, avides de plus de pouvoir et de plus de richesses au détriment des autres.
Nous, les petits, ne sommes que piétaille moulue entre les rouages de cette triste histoire qu'écrivent les grands.

20/10/2010

Een gezondheidsparadox in Brussel?‏

door Wouter Bogaert

Het is erg gesteld met de Brusselse gezondheid. Of toch niet? De Brusselse Staten Generaal stelt dat de levensverwachting van de Brusselaars 1.5 jaar lager is dan de gemiddelde Belg en dat terwijl Brussel een jonge bevolking zou hebben. Is dit te wijten aan pollutie? Is dit de wijten aan de vereenzaming in de stad? Een ongezonde levenstijl?

Welnu, een studie van het Koninklijk Observatorium voor Welzijn en Gezondheid zou wel eens een interessant licht op deze situatie kunnen werpen. Daaruit blijkt namelijk dat gemeenten met een laag sociaal- economisch niveau (onder meer Molenbeek, Anderlecht, Sint-Gillis, Sint-Joost-Ten-Node met grote Turkse en Maghrebijnse gemeenschappen) en met burgers (mannen en vrouwen) met een laag scholings niveau hogere incidenties hebben van diabetes, cardiovasculaire ziektes en kankers. Dit is algemeen geweten: armoede, slechte levensomstandigheden, lage scholing gaan hand in hand met slechte gezondheid en lage levensverwachting of zoals iemand ooit cynisch zei: "als je arm bent en slecht leeft, waarom zou je dan lang willen leven?"

Maar nu komt de paradox, volgens diezelfde studie van het Observatorium hebben de Maghrebijnse en Turkse gemeenschappen, een gezonde levenstijl: ze eten veel groeten en fruit, ze gebruiken weinig alcohol. Zouden ze dan toch niet gezonder moeten zijn?

Ik ga ervan uit dat dieper moet gegraven worden in de statistieken van deze studie om de echte oorzaken van slechte gezondheid naar boven te halen.. Ten eerste denk ik moet vastgesteld worden of de voedingsgewoonten inderdaad zo goed zijn. Of is er dan toch te veel suiker in die munt thee´s en heerlijke Marokkaanse desserts? Worden de durum huizen dan toch te veel bezocht? Vervolgens denk ik moet het ziekte patroon in deze gemeenschappen worden vastgesteld. Misschien kan dit via onderzoek van medicijnen consumptie in een aantal lokale apotheken?

Vervolgens moeten ziekte patroon en voedingsgewoonten gekruist worden en de kost aan de sociale zekerheid worden nagegaan. Als zou blijken dat de voedingsgewoonten inderdaad goed zijn, maar er toch veel zieken zijn, dan moet de schuldige allicht in levensomstandigheden of pollutie worden gezocht. Als ook de voedingsgewoonten niet goed zijn, dan is de uitdaging voor Brussel des te groter. Onderwijs en Werk voor de Brusselaars zegt u Meneer en Mevrouw de Brusselse Minister. Ik zeg U; voeg er in godsnaam gezondheid aan toe!

Un paradoxe sanitaire à Bruxelles ?

par Wouter Bogaert, traduit par Max De Brouwer

La situation sanitaire de Bruxelles est grave. A moins que ? Les Etats généraux de Bruxelles indiquent que l’espérance de vie des Bruxellois est inférieure d’un an et demi par rapport à la moyenne belge, et ceci alors que Bruxelles a une population très jeune. Cela vient-il de la pollution ? Cela vient-il de l’isolement des gens en ville ? A un mode de vie malsain ?

Une étude de l’Observatoire royal du Bien-être et de la Santé jette une lumière intéressante sur cette question. Elle fait apparaître que les communes souffrant d’un faible niveau socioéconomique (p.ex. Molenbeek, Anderlecht, Saint-Gilles, Saint-Jost-ten-Node, avec de fortes populations d’origine turque ou maghrébine) et avec un faible niveau de scolarisation de leurs citoyens – hommes comme femmes – présentent une prévalence supérieure de diabètes, de maladies cardiovasculaires et de cancers. C’est bien connu : la pauvreté, les conditions de vie précaires, une scolarisation faible vont de pair avec une mauvaise santé et un longévité amoindrie ou, comme il a été dit avec un certain cynisme : « si vous êtes pauvre et que vous vivez mal, pourquoi vouloir vivre longtemps ? »

Mais l’étude de l’Observatoire révèle un paradoxe : les habitants d’origine maghrébine et turque, justement, ont un mode de vie sain. Car Ils mangent plus de légumes et de fruits, ils boivent peu d’alcool. Alors pourquoi ne sont-ils pas en meilleure santé ?

J’estime qu’il faut analyser les statistiques de cette étude plus en profondeur afin de comprendre les véritables causes des problèmes de santé. Tout d’abord, il convient de constater si les habitudes alimentaires sont effectivement tellement bonnes. Ou y a-t-il quand même trop de sucre dans le thé à la menthe et dans les excellents desserts marocains ? Mange-t-on trop de durums dans les snacks ? En outre il faut dresser le profil pathologique de ces communautés. Peut-être par le moyen d’une étude statistique des achats de médicaments dans les pharmacies de quartiers correspondants ?

Ensuite il faudra croiser les profils pathologiques et les habitudes alimentaires, et le coût correspondant pour la sécurité sociale. S’il devait apparaître que les habitudes alimentaires sont efficientes mais qu’elles ne peuvent empêcher un nombre de maladies plus élevé que la moyenne, alors on pourra rechercher la cause du mal dans les conditions de vie ou dans la pollution. Et si les habitudes alimentaires ne sont pas bonnes, alors Bruxelles se trouve face à un véritable défi. Mesdames et Messieurs les Ministres, vous réclamez de l’enseignement et du travail pour les Bruxellois. Je vous en conjure : ajoutez-y la santé !

19/10/2010

Bruxelles, «catin du royaume» (Slate.fr)


La crise politique s'éternise, Flamands et Francophones s'écharpant autour de la réforme de l'État. Et certains soulignent combien Bruxelles se sent mal aimée dans cette histoire.


Les habitants de cette cité se définissent eux-mêmes en dehors de l'habituelle opposition Flamands/Francophones. Ils sont «Bruxellois». Un mélange de «belgitude». Alors que cette position centrale pourrait faire de la ville un élément unificateur pour ce Royaume déchiré par les querelles communautaires, il n'en est rien. En réalité, ils en sont plutôt les victimes.

Qu’est-ce que Bruxelles?

Une ville historiquement flamande, devenue avec le temps capitale du Royaume de Belgique et majoritairement francophone, mais toujours enclavée en Flandre. Sans oublier: siège des institutions européennes, de ses fonctionnaires, lobbystes et stagiaires depuis quarante ans. Pas simple tout ça, mais va falloir s'accrocher, le problème se complique encore.

Bruxelles est en fait composée de 19 communes autonomes: Etterbeek, Schaerbeeck, Saint Gilles, Ixelles, etc. Mais c'est aussi une région, tout comme la Flandre et la Wallonie, avec ses compétences, ses députés, son Parlement. Une région qui a la particularité d'être bilingue français/néerlandais... ce qui a son importance dans le système politique belge. Cela signifie que les «Communautés linguistiques néerlandophone et francophone» —autres entités locales avec de nombreux pouvoirs (l'enseignement par exemple)— ont leur mot à dire dans la gestion quotidienne en y important les querelles communautaires.

Une région bilingue sans bilingues

Prise en sandwich par ces disputes, la ville en souffre. Premier exemple de taille: si Bruxelles est officiellement bilingue, les écoles ne le sont pas et par conséquent ses habitants encore moins.

Conclusion? Il est difficile pour les Bruxellois de trouver un travail sur place puisque les bilingues sont privilégiés, donnant l'avantage aux Flamands, bien mieux éduqués sur le plan linguistique. Ainsi, le poumon économique connaît un taux de chômage de 21%, ce qui est trois fois plus élevé que celui de Flandre. Ce qui nous amène au deuxième problème.

Pillage économique

Riche sur le plan économique puisque représentant presque 20% du PIB belge, Bruxelles est méticuleusement détroussée par ses deux voisines: la Wallonie et la Flandre. Et cela grâce aux «navetteurs», terme désignant les 250.000 Flamands et 130.000 Wallons venant travailler à Bruxelles chaque jour mais payant leurs impôts dans leur région d'origine.

Ainsi, selon le magazine Trends.be, les transferts indirects venant de Bruxelles représentent 8,5% du PIB flamand (soit 16,5 milliards d'euros) et 11,8% du PIB wallon (soit 9,5 milliards d'euros). Sans ces milliards, les conséquences sont visibles: la ville a du mal à financer les infrastructures nécessaires à son développement économique et est obligé de mendier au niveau fédéral une dotation supplémentaire.

Pas de changement en perspective

Alors que les principaux partis politiques du pays discutent en ce moment d'une réforme de l'État (allant vers plus d'autonomie pour les entités fédérées), Bruxelles est pourtant la grande oubliée des négociations, et ses besoins ne sont absolument pas pris en considération.

«Le système politique belge repose sur une base communautaire. Francophones ou Flamands. Or, cela ne répond pas aux besoins de cette ville-région mixte. Donc s'il est vrai qu'officiellement les négociations de réforme du pays se passent entre Flamands et Francophones, dans la pratique, les Bruxellois n'ont que bien peu de représentants et ne peuvent influencer les discussions vers un système qui lui conviendrait, reposant sur les régions», explique la politologue Caroline Van Wynsberghe de l'Institut de sciences politiques Louvain-Europe. Bien peu de chances alors de voir une réforme durable permettant à Bruxelles de récupérer ses milliards et de vivre sa «belgitude» en toute quiétude.

La catin du Royaume

Pour organiser la résistance, certains citoyens se sont regroupés et tentent de convaincre via un parti politique nommé ProBruxsel. Les résultats sont encore limités puisque les listes n'ont obtenu que 2,4% des suffrages dans le collège néerlandophone et 1,7% dans le collège francophone de la région-capitale.

Dans une lettre ouverte aux deux leaders politiques vainqueurs des élections de juin dernier –Bart de Wever pour les Flamands et Elio di Rupo pour les Francophones– ProBruxsel qualifie Bruxelles de «catin du Royaume», celle que personne n'aime mais qui est bien utile.

«On me veut, on me désire... mais non pas comme une femme, qu'on voudrait chérir et couvrir de tendresse. On me désire pour mieux m'humilier, pour mieux me rabaisser... Comme une femme que l'on bat, pour la remettre à ce qu'on croit être sa place (…) Je suis devenue la catin du Royaume. Celle que tout le monde veut se payer, mais qu'on trouve si peu attirante, qu'on n'y mettra qu'un petit prix.»

Pour Caroline Van Wynsberghe, «ce parti est le symbole d'une identité bruxelloise en construction. Je suis certaine que cela est l'expression du ras-le-bol des habitants. Si le parti s'était un peu plus adapté au système électoral, il aurait pu décrocher un premier élu. Mais ils ne pourront vraiment percer que lorsqu'ils se professionnaliseront». Cette prise en main démontre aussi une chose: 40 ans de querelles communautaires n'ont pas altéré la volonté des Bruxellois de vivre ensemble.

A chaque crise politique, il est possible de voir apparaître aux fenêtres bruxelloises des drapeaux belges, manière pour les habitants de signifier leur attachement au pays et leur détachement par rapport aux querelles communautaires. La crise en cours a débuté en avril dernier. Pas la peine de préciser que les drapeaux commencent à devenir vétustes, décolorés et râpés.

Jean-Sébastien Lefebvre

journaliste français installé en Belgique

http://www.slate.fr/story/28821/bruxelles-catin-royaume

11/10/2010

Un plan A+ pour tous les Belges !

La Belgique communautaire a vécu, la Belgique des Régions doit prendre le relais.

Il faut mettre fin, une fois pour toutes, aux Communautés et confier toutes les compétences à quatre Régions mises sur un pied d’égalité.

La Belgique de papa est bien enterrée et le fédéralisme belge hybride entretenant une totale confusion entre Régions et Communautés a montré ses limites. Le plan A que l’on nous a mijoté stérilement pendant plus de cent jours en coulisse ne mène nulle part. La discrétion qui a entouré ces négociations semblait davantage destinée à endormir le citoyen qu’à donner aux négociateurs de réelles chances d’aboutir. En effet, comme l’ont souligné justement quelques analystes avertis, les objectifs poursuivis et les conditions imposées aux négociateurs étaient contradictoires et rendaient impossible l’aboutissement d’un véritable accord équilibré. On a vu le résultat : on repart à zéro !

Comment en sortir ? Il faut oser poser la seule question pertinente : que veut-on encore faire ensemble, avec quels partenaires – non pas entre quels partis politiques, mais bien entre quelles populations, quels citoyens - et sur quelles bases cohérentes veut-on construire cette future Belgique ?

Il est impératif pour tous d’adopter des règles communes cohérentes et non pas de poursuivre des chimères en tentant de se doter de compétences à géométrie variable – tantôt régionales, tantôt communautaires -. Il faut mettre fin, une fois pour toutes, aux Communautés et confier toutes les compétences à quatre Régions mises sur un pied d’égalité.

Pourquoi quatre Régions ? Certains sont attachés à une forme d’homogénéité linguistique de leur territoire, soit, qu’il en soit ainsi ! Mais alors, il est essentiel que la même règle s’applique à tous les territoires. Que la Flandre ait sur tout son territoire une seule langue officielle reconnue et acceptée, le néerlandais ; bien. Que le français soit la seule et unique langue autorisée en Wallonie, parfait. Que l’allemand, soit la langue de la Région germanophone, voilà qui est logique. Que la Région bruxelloise, seule région du pays que la Constitution désigne comme région bilingue dans laquelle le néerlandais et le français sont langues officielles, puisse réellement être bilingue en disposant notamment des moyens d’éduquer ses enfants concrètement dans ces deux langues. Pour ce faire, il est indispensable de lui confier la compétence de l’enseignement afin qu’elle propose un enseignement bilingue bien adapté aux particularités sociales et culturelles de la Région. Confier aux Régions la compétence de l’enseignement entraînera naturellement le transfert vers les Régions de toutes les compétences sur les matières personnalisables (les matières sociales) ainsi que la culture et le tourisme, entre autres choses. Il n’y aura donc plus aucune raison de maintenir les Communautés. Une fédération de Régions sera bien plus compréhensible pour tous et beaucoup plus efficace.

Les quatre Régions, autonomes, adultes, équivalentes, pourront, ensemble, décider de ce qu’il conviendra de confier à un niveau fédéral, géré en commun, dans l’intérêt de tous, et de déterminer quelle solidarité elles souhaitent entre elles.

Een Plan A+ voor alle Belgen!‏

Het communautaire België heeft haar langste tijd gehad, het België van de Gewesten moet het nu overnemen.

Eens en voor altijd een einde maken aan de Gemeenschappen en alle bevoegdheden toevertrouwen aan de vier - gelijkwaardige - Gewesten.

Het “Belgique de papa” is nu echt wel begraven en het hybride Belgische federalisme, dat vooral een complete verwarring veroorzaakte tussen de Gewesten en de Gemeenschappen, heeft haar limieten aangetoond. Het Plan A dat men achter de coulissen al meer dan honderd dagen aan het bekokstoven was leidde nergens toe. De discretie die deze onderhandelingen omhulde bleek eigenlijk vooral te dienen om de burgers in slaap te sussen in plaats van de onderhandelaars een werkelijke kans te bieden om tot een oplossing komen. Zoals enkele wakkere analisten terecht opmerkten bleken de beoogde doelstellingen en de vooraf opgelegde voorwaarden elkaar totaal tegen te spreken waardoor het natuurlijk onmogelijk werd tot een echt gebalanceerd akkoord te komen. En dit is het resultaat : we vertrekken weer van nul !

En hoe gaan we hieruit geraken ? We moeten eindelijk de enige pertinente vraag durven stellen : wat willen we nog samen doen, en met welke partners – dus niet alleen tussen enkele politieke partijen, maar wel degelijk ook tussen de verschillende bevolkingsgroepen, verschillende burgers – en op welke logische basis willen we dit toekomstige België bouwen ?

Het is absoluut noodzakelijk dat allen gemeenschappelijke en logische regels accepteren en niet – zoals nu gebeurd – hersenschimmen achterna jagen om allerlei bijkomende en, al naargelang het geval, op afwisselende manier toegekende bevoegdheden,trachten te verkrijgen - de ene keer gewestelijk, de andere keer op het vlak der Gemeenschappen. We moeten nu eindelijk voor eens en voor altijd een einde maken aan de Gemeenschappen en alle bevoegdheden overdragen aan de vier, gelijkwaardige, Gewesten.

Waarom vier Gewesten ? Sommigen zijn gehecht aan een vorm van taalkundige homogeniteit van hun landsdeel, dat is nu eenmaal zo. Maar dan is het natuurlijk wel essentieel dat diezelfde regel van toepassing is op alle landsgedeelten. Dat Vlaanderen binnen haar hele landsgedeelte één officiële taal heeft, die erkend en geaccepteerd is, het Nederlands. OK.
Dat Frans de enige en unieke officiële taal binnen Wallonië is. Prima. Dat Duits de taal van het duitssprekend Gewest is, dit is allemaal heel logisch. Dat het Brussels Gewest, de enige regio van het land die door de Grondwet is aangeduid als tweetalig Gewest, waar het Nederlands en het Frans de officiële talen zijn, echt tweetalig zou kunnen worden door, met name, over de noodzakelijke middelen te beschikken om de kinderen daadwerkelijk in de twee talen te onderwijzen. En om dit te doen is het noodzakelijk het Gewest de bevoegdheden toe te vertrouwen met betrekking tot het onderwijs zodat een onderwijs aangeboden kan worden dat specifiek is toegespitst op de sociale en culturele eigenschappen van het Gewest. Het overhevelen van de onderwijsbevoegdheden naar de verschillende Gewesten houdt natuurlijk ook een overdracht naar de Gewesten van de bevoegdheden geliëerd aan de persoonsgebonden materies (sociale zaken) en zaken zoals b.v. cultuur en toerisme in. Daarom zal er dus geen enkele reden meer zijn om de Gemeenschappen te behouden. Een federatie van Gewesten zal voor iedereen heel wat duidelijker zijn en bovendien veel efficiënter.

De vier autonome, volwassen en gelijkwaardige Gewesten zouden dan samen kunnen beslissen wat er nog aan het federale niveau moet worden toevertrouwd en dat dan samen beheren, ten behoeve van allen, en onderling bepalen welke solidariteit ze tussen de verschillende Gewesten nog willen laten spelen.

07/10/2010

Bart et les sept petits pas de nains...

par José Fernandez

On s'en doutait : notre microcosme politique ne tourne plus du tout rond...
Notre ami BDW s'est approprié la zappette, et s'amuse régulièrement à appuyer sur le bouton 'off'. Faut croire que ça l'amuse de tenir ainsi le pays entier par les c.... Bart semble devenir le spécialiste du 'maintenant, stop' : je claque la porte, j'interromps les négociations, je fais en gros comme je le sens et si on est pas d'accord avec moi et bien tant pis...
Ceci n'empêche pas le pays d'être gouverné et, même, d'organiser des événements aussi prestigieux que le sommet Europe-Asie. Soit...

Mais au-delà, ce qui semble énerver BDW, c'est qu'apparemment les francophones ne vont pas assez loin. Lui, il voudrait que toute la fiscalité (IPP) soit régionalisée et ne supporte pas qu'on ne puisse pas voir les choses sous le même angle du côté francophone.Ceci dit lorsqu'on parle de prélèvement de l'IPP sur le lieu de travail (ce qui permettrait à Bruxelles de retrouver un niveau de financement digne de son rang), là il est aux abonnés absents...
Alors donc, il appuie sur la 'zappette' en se disant que le moment est peut-être venu de remettre les libéraux en selle... Et les francophones ne cessent de parler de plan "B" et de l'inéluctable scission du pays voulue par la Flandre nationaliste.

Pour désamorcer cette bombe, voici les raisons qui devraient pousser nos voisins de Flandre à y réfléchir à 2 fois avant de se lancer dans une option séparatiste...
De la situation actuelle à la partition du pays, il n'y aurait que 7 petits pas (de nain) à franchir... Mais attention, les lendemains de veille pourraient s'avérer douloureux pour la Flandre ! C'est la raison pour laquelle il serait grand temps qu'on cesse d'agiter les caliquots de scission du pays : elle n'aura pas lieu ! La Flandre a beaucoup trop à perdre dans l'aventure...

1. "de vergrijzing"
La Flandre vieillit. Elle vieillit même plus vite que le reste du pays, ce qui se traduit par une augmentation des dépenses de soins de santé et des retraites. Même si dans un premier temps, la Flandre disposera sans doute des moyens de constituer très rapidement des réserves, le problème des retraites reste posé. Ce n'est pas pour rien que dans les négociations actuelles, on a envisagé la régionalisation des allocations familiales... et pas celle des pensions (au désavantage de la Flandre)...Selon une étude récente de Dexia en Flandre, le pourcentage de pensionnés par rapport à la population totale est de 18,4 %. Dans la région bruxelloise, le pourcentage moyen de pensionnés est 14,4 %, compte tenu de la structure plus jeune de la population. C’est en Wallonie (17,5%) que l'on se rapproche le plus de la moyenne nationale (17,3 %).

2. de economische "voorsprong"
On le voit, la situation autrefois florissante de la Flandre sur le plan économique pourrait s'inverser assez rapidement... Aujourd'hui, c'est en Wallonie que Google investit... et c'est en Flandre que General Motors ferme son usine. Soutenu par une nouvelle ambition, un plan de redéploiement (Marshall I et II) et des espaces disponibles (bureaux, zonings, ...), la Wallonie semble reprendre du poil de la bête.
A l'inverse, on sent que la Flandre s'essouffle. Il y a eu plus de jours de grève en Flandre qu'en Wallonie au cours des 3 dernières années... Le supposé avantage économique n'est donc pas définitif. Après tout, jusque dans les années 60 et depuis 1830, c'est l'industrie wallonne qui tirait le pays... Les Flamands ont parfois tendance à oublier qu'un des grands principes économiques, c'est l'existence des cycles conjoncturels...

3. "Brussel"
Il est évident que Bruxelles constitue le problème et la solution. La Flandre n'est pas prête à abandonner la poule aux oeufs d'or bruxelloise, mais n'est pas plus prête à faire la moindre concession pour permettre son émancipation fiscale et politique, en dehors du principe de co-gestion voulu par la NVa. Il est a noté que depuis quelques semaines, plusieurs politiques francophones, et non des moindres, ont entamé un discours sur l'air de "Bruxelles, région comme les autres". Pascal Smet envisage même à présent de confier une partie de la gestion de l'enseignement à Bruxelles à la Région; mais Pascal Smet peut changer d'avis très vite :-)...
Toujours est-il que sans solution pour Bruxelles, on voit mal la Flandre faire cavalier seul... Et on voit difficilement comment elle pourrait imposer unilatéralement ses choix à une région souveraine sur le plan constitutionnel (article 3 de la Constitution) et à sa population dont un sondage récent a encore montré son attachement à l'identité bruxelloise, au-delà des clivages stériles communautaires et linguistiques.

4. "Europa en de internationale herkenning"
L'Europe ne voit pas d'un bon oeil les velléités séparatistes de la Flandre. Paris, Madrid ou Londres craignent que cela ne donne des ailes aux Basques, Catalans, Corses, Bretons, Ecossais... Et on ne parle même pas des Nordistes Italiens, associés au gouvernement Berlusconi, pour qui l'exemple flamand est du pain béni...
Si la scission intervient, cela signifiera pour la Flandre de se faire reconnaître au sein de toutes les institutions supranationales (EU, ONU, OCDE, zone Euro etc...). Ca risque de ne pas se faire tout seul... On doute que BDW est déjà tenté quoi que ce soit à ce niveau, ne fût-ce que pour jauger de la volonté de ces instances à reconnaître la future république de Flandre...

5. "de fiscaliteit en belastingsvoorheffing"
En cas de scission du pays, les entités 'rémanentes' (Wallonie et Bruxelles) n'auraient en terme de fiscalité qu'une seule approche possible, le prélèvement de l'impôt des non-résidents (flamands) travaillant sur leur territoire.
Ceci représenterait un manque à gagner de l'ordre de 16 milliards d'euros par an pour la Flandre...
Le réservoir d'emplois présent à Bruxelles ne va pas s'évaporer comme par magie vers le Nord du pays (au nom de quoi ?) et les quelques 300.000 navetteurs qui viennent quotidiennement gagner leur croûte à Bruxelles continueraient à le faire, en traversant la "frontière".

6. "de overheidschuld"
Notre dette publique représentera en 2010 102 % de notre PIB, soit la bagatelle de 345 milliards d'euros.
La crise économique a aggravé notre déficit public. En cas de scission du pays, cette dette devra être répartie entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Et, quelle que soit la clé de répartition choisie, elle fera peser sur la Flandre la charge la plus importante. Historiquement, si l’on regarde ce qui s’est passé pour des pays comme la Tchéquie et de la Slovaquie récemment, ou pour la Belgique en 1830, c’est le critère des recettes d’impôts qui a servi de base à la répartition de la dette publique. La Flandre devrait alors prendre à sa charge environ 63 % de l’ancienne dette publique belge. Soit 219 milliards d’euros, 110 % du PIB flamand !
De plus cette scission entraînerait également une augmentation du risque de défaut perçu par les marchés financiers et donc une augmentation de la charge d'intérêt du financement public, largement dépendant de l'emprunt.
Si on rajoute à cela le vieillissement de la population plus rapide en Flandre, qui entraînera une augmentation des soins de santé et du coût des retraites, l'équation budgétaire risque d'être insoluble pour le nouvel état flamand...

7. "de vlaamse bevolking opinie"
Certes, on a beau se dire qu'ils sont très nombreux à voter pour des partis séparatistes, voire extrême (on rappelle : NVa + LDD + VB = 40 % des votes en Flandre...), il y a fort à parier que beaucoup de citoyens flamands ne souhaitent pas se retrouver brusquement sans Belgique. Certes, à force de leur dépeindre une Wallonie corrompue et fainéante, ils ont fini par croire que c'était totalement fondé. Qu'il fallait sans doute se détacher au plus vite de cette fange wallonne qui embourbe les roues de la Flandre. Mais sont-ils pour autant conscients de ce que signifie une scission du pays ? Sont-ils prêts à renoncer à ce que la Belgique porte encore comme valeur commune ? Rien n'est moins sûr. De récents sondages montrent d'ailleurs qu'une grande partie de la population flamande demande juste plus d'autonomie, pas la fin du pays...

06/10/2010

Les négociations gouvernementales : « Game over et … tilt »

Depuis les dernières élections, vécues par certains comme un glissement de terrain, les cartes politiques ont été bien redistribuées.

On pointera brièvement : la claque infligée au CD&V, le rêve déçu du MR de ravir la couronne wallonne au PS, la maigre récolte du VLD – juste retour de la décision curieuse de son jeune président – et le redémarrage raté du SP.a malgré le travail de fond spectaculaire de Frank Vandenbroecke et de Johan Vandelanotte.

La NV-A, en parti météorite, avait toutes les cartes en main pour démontrer que, au-delà de son discours radical, le parti disposait d’un réel sens politique. Jusqu’ici, on n’a rien vu. Et le si curieusement nommé “Groupe de haut niveau” – quel nom prétentieux ! – n’a guère fait mieux, et les deux médiateurs ont entretemps rendu leur tablier.
Pour ce qui concerne Bruxelles, il apparût très vite que le problème central des discussions serait son “financement correct”. Cela s’est, en effet, vérifié.

Pour autant qu’on le sache, les différents partis auraient trouvé un accord, mais des visions sous-jacentes différentes subsistent : la Flandre considère la Région bruxelloise comme une région de seconde zone indispensable au rayonnement d’un éventuel futur « État flamand » , alors que les partis francophones prêchent l'autodétermination (écouter les déclarations de Rudy Demotte), mais la presse francophone l’a clairement exprimé: «Le seul plan B envisageable est la fédération Wallonie-Bruxelles". Inutile d’ajouter que , une fois de plus, les Bruxellois n’ont pas été consultés. Sans doute parce qu’ils ont déjà maintes fois exprimé avec force qu’ils ne voulaient ni d’un statut de sous-région, ni de ce stupide artifice francophone.

Aujourd’hui, de récentes informations provenant de sources non suspectes indiquent que les transferts financiers de Bruxelles vers la Flandre seraient – selon les estimations les plus modestes – de six milliards d’euros et de quatre milliards vers la Wallonie. Cela présente évidemment les choses sous un tout autre éclairage.

Enfin, le Bruxellois informé sait, maintenant que, non seulement la Région ne reçoit pas les moyens financiers auxquels elle a légitimement droit, mais qu’en plus la Région est structurellement dépouillée des revenus qu’elle génère grâce à une sous-estimation des accords précédents.

Bruxelles va faire face à un défi gigantesque : une explosion de sa population, une augmentation de 150.000 habitants dans les dix prochaines années, une fois et demie la population de la ville de Louvain, cinq fois la population de Louvain-la-Neuve, pour donner une idée de ce que cela représente.

Sachant que la majorité de cet accroissement de la population se fera essentiellement dans les groupes les plus défavorisés, tout indique que nous serons confrontés à une situation extrêmement difficile à gérer si pas incontrôlable, en raison, notamment, du risque de la formation de ghettos , de la pénurie dramatique d’écoles et d’enseignants, des énormes besoins culturels, sans compter la forte demande de services sociaux en tous genres.

La société multiculturelle ne sera plus un beau rêve mais pourrait devenir un épouvantable cauchemar, ouvrant ainsi toute grande la voie à un bon nationaliste xénophobe – néerlandophone ou francophone – à la Geert Wilders.

Il est donc urgent pour Bruxelles d’en finir avec les discours polis, les groupes de réflexion et les colloques universitaires. Il est temps de faire entendre la voix des Bruxellois, « la Muette de Portici » à la façon bruxelloise. La question n’est plus de savoir si cela arrivera, mais bien de savoir quand !

Regeringsonderhandelingen "Game over.... tilt"

Sinds de voorbije verkiezingen, die door sommigen als een ware aardverschuiving werden ervaren, werden de kaarten grondig door elkaar geschud.

Op een rijtje gezet: de mokerslag die CD&V werd toegediend, de MR die er niet in slaagde de PS naar de kroon te dingen, de magere resultaten voor de VLD ten gevolge van het optreden van diens onstuimige jonge voorzitter en de SP.a die maar niet van de grond raakt, ondanks het grondige denkwerk van de Frank Vandenbroecke's en Johan Vandelanotte's.
De meteorietpartij NV-A had dus de nodige speelruimte om aan te tonen dat het meer in de mars had dan een radicaal discours; dat het ook op politiek vlak iets te betekenen had. Het is inmiddels afwachten geblazen. De met de nodige pretentie genoemde 'high level groep' doet het inmiddels ook niet beter, de twee spilfiguren hebben er trouwens inmiddels de brui aan gegeven.

Voor wat Brussel betreft bleek zeer snel dat het centrale discussiepunt de 'juiste financiering' zou worden, en zo is trouwens ook gebleken.

Voor zover geweten waren de verschillende partijen ei zo na rond met een akkoord, maar de niet doorgepraatte problemen bleven overeind: Vlaanderen blijft Brussel beschouwen als een tweederangsgewest dat evenwel broodnodig is voor het internationaal imago van een "Vlaamse Staat", terwijl de franstaligen het hebben over zelfbestuur van de Gewesten (onder meer bij monde van Rudy Demotte), wat evenwel gepaard zou gaan met een versterking van de "as Brussel-Wallonië", zoals in het plan B, in sommige kranten uiteengezet, staat ingeschreven. Onnodig te stellen dat eens te meer, de Brusselse bevolking niet werd geraadpleegd over deze gang van zaken. Wellicht omdat ze herhaaldelijk te horen heeft gegeven dat ze lak had aan het statuut van ondergeschikt gewest, maar ook geen heil ziet in de franstalige artefact 'Brussel-Wallonië'.

Heden wordt er alsmaar opener gepraat over de resultaten van diverse geloofwaardige studies, die aantonen dat de financiële transfers van Brussel naar Wallonië -volgens de laagste ramingen- minstens zes miljard euro zou bedragen, en van Brussel naar Wallonië minstens vier miljard. Dit stelt natuurlijk de ganse problematiek van de 'correcte financiering' in een totaal ander daglicht.

De doorsnee-Brusselaar, die inmiddels toch wel op de hoogte is van het feit dat Brussel heden de middelen niet ontvangt waarom het recht heeft, aanziet nu met lede ogen dat het Gewest op een structurele wijze gepluimd wordt en dat de rijkdom die er in dit Gewest voortgebracht wordt, via kreupele akkoorden en foutieve financiële evaluaties naar elders wordt versluisd.

Brussel moet het hoofd bieden aan een enorme uitdaging, met name de bevolkingsexplosie die ons te wachten staat, waarbij in de loop van de volgende tien jaar 150.000 mensen zullen bijkomen, met andere woorden anderhalve keer Leuven of 5 maal Louvain-la-Neuve, om maar twee voorbeelden te geven.
Aangezien de overgrote meerderheid van deze bevolkingstoename zal plaatsvinden in kansarme groepen, zullen we binnen afzienbare tijd voor een haast onosplosbare komen te staan en zullen de problemen zich opstapelen (wegens gettovorming, gebrek aan opleiding en culturele vorming, enz...)

De multiculturele samenleving zal niet meer de mooie droom zijn van de XXIe eeuw maar zou wel eens kunnen verworden tot een ware nachtmerrie indien er niet gepast gehandeld wordt, om te vermijden dat de weg geëffend wordt voor -een nederlandstalige of franstalige- evenknie van Geert Wilders.
Hoog tijd dus dat men in Brussel ophoudt met rondjes te rijden, mooie redevoeringen te houden, thinks tanks op te zetten en universitaire colloquia te organiseren. Tijd dus dat de Brusselaars zelf eens een vertoning van de "Stomme van Portici" opvoeren. Vraag is niet meer of dit zal gebeuren, maar gewoon: wanneer!