28/11/2010

Note Vande Lanotte : quelles promesses concrètes pour Bruxelles ?

par José Fernandez

Note Vande Lanotte:quelles promesses concrètes pour Bruxelles?
Cherchez bien : dans les 32 pages consacrées à sa "note", Johan Vande Lanotte ne consacre finalement qu'un tout petit paragraphe aux propositions concrètes pour la Région Bruxelloise.
Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour les Bruxellois : aucun transfert aux Régions des compétences-clés, liées à l'enseignement par exemple, alors que la fermeture de l'école de la Brise à Watermael montre à quel point il est impossible de continuer à confier l'enseignement bruxellois à une Communauté Française sourde et aveugle à la réalité des enfants bruxellois... Par contre, la politique de l’emploi (contrôle et sanction des demandeurs d’emploi, politique de mise à l’emploi, congés éducatifs, migration économique...) ainsi que certains éléments liés aux soins de santé (prévention et soins aux personnes âgées) pourraient être régionalisées...

Pourtant, le Sp.a (de Vande Lanotte), par la voix de sa présidente Caroline Gennez, avait déclaré de manière assez prometteuse : "We willen naar een staatshervorming die een nieuwe visie ontwikkelt over Brussel. En dat is niet bestuurd te worden door de twee andere gemeenschappen. Dat is echt achterhaald. Ik denk dat we naar een ander paradigma moeten, dat Brussel ook tot zijn eigen interne hervormingen gedwongen wordt en bestuurd wordt als een stadsgewest, met ook gemeenschapsbevoegdheden, ook naar onderwijs, ook naar cultuur (...). (voir interview BrusselsNieuws.be, 21/11/2010)".
En résumé, dans la note de VDL, on ne retrouve finalement comme éléments positifs qu'une vague promesse de refinancement basé sur un prélèvement effectué auprès des navetteurs (tout en ne détaillant pas le mécanisme de prélèvement ni les montants envisagés...), une correction du manque à gagner fiscal dû au principe de "main morte", qui prive Bruxelles injustement du revenu lié aux nombreuses institutions internationales (UE, ambassades, consulats etc...) établies sur son territoire et on rajoute un petit "chèque" pour aider la région en matière de mobilité...
Rien de précis, ni de très engageant pour Bruxelles et ses habitants donc,.... Si ce n'est que certaines des propositions ci-dessus se retrouvent effectivement en partie dans le programme de Pro Bruxsel.


Mais ces quelques maigres contributions semblent bien aisées à balayer d'un revers de la main, la NVa ne faisant même plus semblant de montrer qu'elle ne veut plus rien négocier du tout, si ce n'est de retourner aux urnes pour en ressortir plus que vraisemblablement encore plus ego-centrée...
Dites, il faudra quand même que quelqu'un rappelle à BDW que, même dans cette hypothèse, il lui faudra tout de même se rassoir autour d'une table avec des francophones pour aboutir à un accord de gouvernement...
Plus que jamais, il faut donc se montrer vigilant et veiller à ce que le sort de la Région Bruxelloise et des Bruxellois ne soit pas confisqué par les Wallons et les Flamands au mépris du million de Bruxellois qui ne bénéficie - toujours pas - d'une représentation digne de ce nom dans les négociations en cours...

20/11/2010

Les frontières de Bruxelles

par Alain Maskens

Bruxelles est-elle historiquement une ville de Flandre ?

S’agissant des frontières régionales de Bruxelles, il est un mythe auquel il faut d’urgence tordre le cou. Il faut lui tordre le cou, car il est profondément ancré dans les mentalités, non seulement en Flandre mais même dans le reste du pays, en sorte que toute réflexion rationnelle sur ce sujet en devient impossible. Or il faut réfléchir à la position des frontières de Bruxelles : en cas d’autonomie accrue des Régions, la position actuelle des frontières doit être revue en conséquence, et cela sur la base de critères de bonne gouvernance, de justice financière, et d’adhésion démocratique des populations concernées.

Quel mythe ? On peut le formuler ainsi :

« Bruxelles fait partie de la Flandre aussi bien sur le plan géographique qu'historique »

Si c’était vrai, réclamer l’élargissement de la Région bruxelloise ne pourrait être perçu par la Flandre que comme une revendication territoriale provocante, dangereuse et vaine.

Mais voilà : la réalité géographique et historique est tout autre. J’y ai fait allusion dans une note précédente, mais je voudrais y revenir ici de manière détaillée et bien documentée, tant ce point est aujourd’hui crucial.

Les faits

Qu'en est-il réellement de l’histoire des frontières territoriales de nos contrées ? C’est-à-dire les zones géographiques dont les habitants étaient unis dans une même communauté de destin, une même organisation de vie, soumis aux mêmes princes et aux mêmes lois.? Pour le préciser, j’ai noté ci-dessous à quelles entités territoriales appartenaient les principales villes du pays, en remontant de cent en cent ans à partir de janvier 1980, soit immédiatement avant la délimitation du territoire des régions wallonne et flamande (loi spéciale du 8 août 1980). Ce survol indique les principales tendances, négligeant les modifications de durée limitée, comme par exemple l’occupation française sous Napoléon, ou la période orangiste. Pour chaque ville, on lira ci-dessous d’une part l’entité territoriale principale, et ensuite la subdivision de premier niveau. Eu égard aux polémiques actuelles, nous interrogerons donc l’histoire, de siècle en siècle, avec en tête cette question principale: Bruxelles est-elle ville de Flandre?

En 1980

En 1980, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Liège, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, la Belgique.

1980

- Bruxelles est située en province de Brabant; elle est capitale de la Belgique.

- Louvain est située en province de Brabant

- Wavre est située en province de Brabant

- Gand est située en province de Flandre Orientale

- Bruges est située en province de Flandre Occidentale

- Anvers est située en province d’Anvers

- Namur est située en province de Namur

- Mons est située en province de Hainaut

- Tournai est située en province de Hainaut

- Turnhout est située en province d’Anvers

- Hasselt est située en province de Limbourg

- Arlon est située en province de Luxembourg

- Liège est située en province de Liège.

En 1880

En 1880, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Liège, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, la Belgique.

- Bruxelles est située en province de Brabant; elle est capitale de la Belgique.

- Louvain est située en province de Brabant

- Wavre est située en province de Brabant

- Gand est située en province de Flandre Orientale

- Bruges est située en province de Flandre Occidentale

- Anvers est située en province d’Anvers

- Namur est située en province de Namur

- Mons est située en province de Hainaut

- Tournai est située en province de Hainaut

- Turnhout est située en province d’Anvers

- Hasselt est située en province de Limbourg

- Arlon est située en province de Luxembourg

- Liège est située en province de Liège.

En 1780

En 1780, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, les Pays-Bas autrichiens. Liège fait partie de la principauté de Liège.

1780

- Bruxelles est située en duché de Brabant; elle est capitale des Pays-Bas autrichiens.

- Louvain est située en duché de Brabant

- Wavre est située en duché de Brabant

- Gand est située en comté de Flandre

- Bruges est située en comté de Flandre

- Anvers est située en marquisat d’Anvers

- Namur est située en comté de Namur

- Mons est située en comté de Hainaut

- Tournai est située en seigneurie de Tournai

- Turnhout est située en duché de Brabant

- Hasselt est située en principauté de Liège

- Arlon est située en duché de Luxembourg

- Liège est située en principauté de Liège.

En 1680

En 1680, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, les Pays-Bas espagnols. Liège fait partie de la principauté de Liège.

- Bruxelles est située en duché de Brabant; elle est capitale des Pays-Bas espagnols.

- Louvain est située en duché de Brabant

- Wavre est située en duché de Brabant

- Gand est située en comté de Flandre

- Bruges est située en comté de Flandre

- Anvers est située en marquisat d’Anvers

- Namur est située en comté de Namur

- Mons est située en comté de Hainaut

- Tournai est située en seigneurie de Tournai

- Turnhout est située en duché de Brabant

- Hasselt est située en principauté de Liège

- Arlon est située en duché de Luxembourg

- Liège est située en principauté de Liège.

En 1580

En 1580, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, les Pays-Bas espagnols. Liège fait partie de la principauté de Liège.

1580

- Bruxelles est située en duché de Brabant; elle est capitale des Pays-Bas espagnols.

- Louvain est située en duché de Brabant

- Wavre est située en duché de Brabant

- Gand est située en comté de Flandre

- Bruges est située en comté de Flandre

- Anvers est située en marquisat d’Anvers

- Namur est située en comté de Namur

- Mons est située en comté de Hainaut

- Tournai est située en seigneurie de Tournai

- Turnhout est située en duché de Brabant

- Hasselt est située en principauté de Liège

- Arlon est située en duché de Luxembourg

- Liège est située en principauté de Liège.

En 1480

En 1480, Bruxelles, Bruges, Gand, Anvers, Namur, Tournai, ... font partie d’une même entité politique, les Pays-Bas bourguignons. Liège fait partie de la principauté de Liège.

1480

- Bruxelles est située en duché de Brabant

- Louvain est située en duché de Brabant

- Wavre est située en duché de Brabant

- Gand est située en comté de Flandre

- Bruges est située en comté de Flandre

- Anvers est située en duché de Brabant

- Namur est située en comté de Namur

- Mons est située en comté de Hainaut

- Tournai est située en seigneurie de Tournai

- Turnhout est située en duché de Brabant

- Hasselt est située en principauté de Liège

- Arlon est située en duché de Luxembourg

- Liège est située en principauté de Liège.

Durant la période féodale

Durant la période féodale qui précède les Etats-Bourguigons (10-13ème siècle), Bruges et Gand font partie du comté de Flandre, sous influence française. Le duché de Brabant (Bruxelles, Louvain, Nivelles, Anvers, Turnhout..), le comté de Hainaut (Mons), le comté de Namur, le comté de Looz (Hasselt), la principauté de Liège, le comté d’Arlon, le comté de Luxembourg, constituent autant de principautés autonomes, sous influence germanique.

Période féodale

L’analyse

Ce qui frappe dans ce survol historique, c’est la permanence, dans nos contrées, d’une manière d’autonomie régionale ou provinciale pendant pratiquement mille ans. Le comté de Flandre, le duché de Brabant, le comté de Hainaut, le duché de Luxembourg, la principauté de Liège, le marquisat de Namur, la seigneurie de Tournai, le comté de Hainaut, autant d’entités qui apparaissent ou se développent au début du deuxième millénaire, et sont encore partiellement identifiables aujourd’hui.

Situées à la limite entre les zones d’influence française et germanique (voir le trait noir dans la carte de 1480), elles seront en permanence convoitées par ces deux entités. Leurs souverains devront allégeance tantôt au royaume de France, tantôt à l’empire germanique. Ensuite et progressivement, ces provinces seront regroupées, d’abord sous la couronne d’un prince unique (depuis les ducs de Bourgogne), sans perdre leur autonomie, enfin dans la création de l’Etat belge (après les courts épisodes français et hollandais).

Le contexte international qui présidera à cette construction de zones autonomes et à leur regroupement progressif ne changera guère depuis 843 (Traité de Verdun). Au cours de cette année, l’empire de Charlemagne sera partagé en trois, faisant de la Lotharingie et des principautés qui s’y développeront par la suite une zone tampon entre les influences française et germanique.

Il est intéressant de noter que le comté de Flandre constituait l’extrémité septentrionale de la France, tandis que les autres provinces allaient se constituer sur les restes de la Lotharingie, et dès lors sous influence germanique, suite à l’extinction de la lignée de Lothaire[1]. L’actuelle Wallonie et le Brabant furent ainsi germains, et la Flandre française.

Enfin, considérée sous l’angle territorial, on notera la remarquable permanence de l’entité brabançonne, qui réunit sur son territoire depuis près de mille ans des villes comme Wavre, Louvain ou Bruxelles, Nivelles, Tirlemont, Diest ou encore Aerschot. Ainsi, et contrairement à ce que pourraient donner à croire certaines prises de position politiques actuelles, Bruxelles et le Brabant ne firent à aucun moment partie de la Flandre, que l’on parle du comté historique ou des provinces qui lui ont succédé.

De ce point de vue, un éventuel rattachement définitif de la périphérie bruxelloise à la Flandre correspondrait non à un retour à une situation préexistante, mais plutôt à une annexion territoriale au prétexte de l'homogénéité ou de la protection linguistique.

(Les données géographiques et historiques présentées ici ont été publiée dans Monoflamands et Monowallons? Errances et dangers des idéologies mono-identitaires. La Longue Vue, Bruxelles, 2000 . On y retrouvera les références aux travaux géographiques et historiques sur lesquels je me suis basé pour cette analyse).

19/11/2010

Le beurre et l’argent du beurre, pour la Flandre et la Wallonie, le lait battu pour Bruxelles ! STOP !

par Philippe Delstanche

Je suis fâché, très fâché et j’en ai marre de ces brimades et injustices faites aux Bruxellois.

Du côté des politiques, tous partis et toutes appartenances linguistiques confondus, on se bat à coup de notes, de propositions, de calculs et de projections diverses depuis trop longtemps. Chacun veut, avant tout, défendre et valoriser ses acquis historiques ou électoraux récents au mépris de ce que pensent ou souhaitent, notamment, les Bruxellois qui seront victimes de décisions finalement prises par quelques éminences grises bien à l’abri des critiques et des conséquences matérielles concrètes, au chaud dans les bureaux des appareils des partis communautarisés, n’ayant comme légitimité que d’avoir été arbitrairement choisis par leurs présidents respectifs, tous avant tout néerlandophones ou francophones.

Par ailleurs, des centres d’études, des universitaires, des experts de tous genres, de tous bords, de toutes origines géographiques ou linguistiques inondent ces mêmes politiques d’études, de calculs, de propositions argumentées qui, toutes, sans exception, démontrent de manière indiscutable, d’une part, que Bruxelles est financée de manière notoirement inéquitable (et considérablement en-dessous d’un niveau minimum acceptable), et, d’autre part que sans l’apport de la richesse produite à Bruxelles, et la Flandre et la Wallonie seraient considérablement moins riches.

La plupart des responsables politiques jurent qu’ils veulent absolument conserver une solidarité interpersonnelle dans une Belgique redessinée selon les vœux – parfois difficiles à concilier - des uns et des autres. Mais tous les plans proposés confirment de manière indiscutable que les seuls belges exclus de cette sacro-sainte solidarité, ce sont les Bruxellois. Contraints de subir un dépeçage en règle de la richesse que cette région produit, les Bruxellois seront, encore plus que par le passé, condamnés à financer des services permettant aux Flamands et aux Wallons de maintenir leur niveau de vie et, de plus, on réclamera à Bruxelles de justifier des améliorations, notamment sur le plan de l’emploi, pour pouvoir continuer à prétendre recevoir le maigre pécule qu’on s’accorde avec condescendance à lui accorder.

L’exigence d’homogénéité territoriale que la Flandre réclame, notamment en matière linguistique et culturelle, serait refusée aux Bruxellois, sous le seul prétexte qu’ils souhaitent vivre concrètement dans une région réellement bilingue, voire multilingue, dans laquelle tous les habitants jouiraient des mêmes droits et des mêmes devoirs sans être obligés de s’affilier artificiellement à un groupe linguistique.

Bruxelles, constitutionnellement bilingue, ne peut pas se doter d’un enseignement bilingue qui lui permettrait sans doute de réduire considérablement son taux de chômage élevé qu’on a l’audace de lui reprocher. Il est à noter que cette situation favorise considérablement l’engagement dans les différentes administrations bruxelloises (régionales, communales, polices, pompiers, etc.) d’agents « bilingues » venant d’autres régions.

Jusqu’à quand les Bruxellois vont-ils se laisser plumer sans réagir ? Les Bruxellois doivent réclamer le respect et un traitement équitable au même titre que les autres régions. La seule solution efficace est la disparition pure et simple des communautés et le transfert des compétences aux trois ou quatre régions à part entière et sur un pied d’égalité.

Boter en kaas voor Vlaanderen en Wallonië, de resterende karnemelk voor Brussel! STOP ERMEE!

door Philippe Delstanche, vertaling door Katja Blanken

Ik ben kwaad, woest zelfs, en ik heb mijn buik vol van alle pesterijen en beledigingen die de Brusselaars moeten ondergaan.

Al maanden slaan de politieke partijen en de erbijhorende, zich in het nauw gedreven, op taalkundige leest geschoren organisaties, elkaar om de oren met nota’s, voorstellen, berekeningen en verschillende projecties naar de toekomst. Iedereen verdedigt, voor alles, zijn eigen standpunten en wil zijn historische verworvenheden of recent verworven kiezerspubliek niet alleen verdedigen maar ook uitspelen en dit ten koste van het electoraat met andere standpunten en andere wensen zoals, met name, de Brusselaars. En dus zullen de Brusselaars weer maar eens de slachtoffers worden van de uiteindelijke beslissingen van enkele oudere excellenties die, goed afgeschermd van kritiek en daadwerkelijke materiële gevolgen, opereren binnen de warmte van de communautaire partijstructuur en wier enige legitimiteit is dat ze eigenmachtig gekozen zijn door hun respectieve (Nederlandstalige of Francofone) voorzitters.

Van de andere kant verdrinken studiecentra, universiteiten, deskundigen uit alle hoeken en windstreken en van uiteenlopende geografische of taalkundige achtergronden, diezelfde politici met studies, berekeningen en beargumenteerde voorstellen die zonder uitzondering, op onweerlegbare wijze, laten zien dat Brussel van de ene kant gefinancierd is op een notoire ongelijke wijze (en aanzienlijk onder een niveau dat minimaal acceptabel is), en dat van de andere kant, zonder de opbrengst van de rijkdom die wordt gegenereerd in Brussel, Vlaanderen en Wallonië aanzienlijk minder rijk zouden zijn.

Het merendeel van de politiek verantwoordelijken zweert dat ze de interpersoonlijke solidariteit tussen allen binnen een, volgens het aantal stemmen, hertekend België absoluut wil behouden – iets wat soms wel heel moeilijk te verzoenen is. Maar alle tot nu toe voorgestelde plannen bevestigen op een onweerlegbare wijze dat de enige Belgen die buiten deze heilige solidariteit zullen vallen de Brusselaars zijn.

Omdat de Brusselaars er historisch van uitgesloten zijn een verdeling te verkrijgen die in overeenstemming is met de rijkdom die deze regio produceert zullen ze, nog meer dan in het verleden, ertoe veroordeeld worden zelf de infrastructuur te financieren die de Walen en de Vlamingen toestaat hun niveau van leven voort de zetten terwijl men van Brussel bovendien ook nog vraagt om zich te verantwoorden over verbeteringen, met name op het gebied van werkgelegenheid, om aanspraak te kunnen blijven maken op de beperkte financiële tegemoetkoming die men haar nogal neerbuigend toeschuift.

De eis van territoriale homogeniteit die Vlaanderen vraagt, met name op taalkundig en cultureel vlak, zou de Brusselaars ontzegd worden onder het (enige) voorwendsel dat ze inderdaad willen leven in een waarachtig meertalige, multiculturele regio, waar alle inwoners zouden kunnen genieten van dezelfde rechten en plichten zonder dat ze zich, op een kunstmatige manier, zouden moeten horig verklaren tot een taalgebonden groep.

Brussel, grondwettelijk tweetalig, kan het zich eenvoudigweg niet veroorloven een tweetalig onderwijs aan te bieden dat haar zonder enige twijfel de mogelijkheid zou geven de werkeloosheid aanmerkelijk te verlagen, een werkeloosheid die men haar notabene durft verwijten. Interessant is erop te wijzen dat deze situatie er aanzienlijk toe bijdraagt dat men binnen de verschillende Brusselse administratieve diensten (regionaal, gemeentelijk, politie, brandweer, etc.) “tweetalige” medewerkers uit de andere regio’s aan moet trekken.

Tot wanneer gaan de Brusselaars zich, zonder mokken, laten kaalplukken? De Brusselaars moeten het respect en de gelijkwaardige behandeling zoals de andere regio’s die kennen eveneens eisen. De enige doeltreffende oplossing is het eenvoudigweg afschaffen van de Gemeenschappen en de overdracht, op voet van gelijkheid, van de bevoegdheden naar de vier volwaardige regio’s.

17/11/2010

Communautariser ou Régionaliser ?

par Alain Maskens

"Le pays a besoin que les Bruxellois prennent enfin leur destin en mains en se libérant du carcan communautaire que lui imposent les partis et structures actuels. Ils n'y arriveront qu'avec l'aide de leurs voisins wallons, non en front antiflamand, mais dans une démarche commune en faveur d'une régionalisation harmonieuse et solidaire au sein de l'Etat belge, modèle pour l'Europe de demain."

Cette phrase conclut une opinion que j'ai publiée en 2006. A quelques nuances près, son contenu reste entièrement pertinent. Je vous le livre donc ci-dessous.

"Après l'appel au front francophone de Moureaux, à la «nation francophone» de Reynders, Joëlle Milquet promeut à son tour une sorte de fédération Wallonie-Bruxelles, exprimée de manière encore un peu floue au congrès du CDH, «De l'ambition pour Bruxelles!», le 6 mai dernier [NB: 2006]. Ces positions répondent aux pressions confédéralistes et indépendantistes de la Flandre. Elles se résument à peu près à ceci: vous n'aurez pas Bruxelles, que nous ancrerons à la Wallonie, au sein d'un grand ensemble francophone.

On ne peut qu'être reconnaissant aux Wallons: les Bruxellois auront en effet bien besoin du soutien des politiques wallons pour bloquer le projet des confédéralistes flandriens(1), qui veulent réduire Bruxelles à une petite entité cogérée par la Flandre et la Wallonie.

Mais il est néfaste de présenter cette solidarité comme un front francophone opposé aux Flamands, même si le caractère majoritairement francophone des deux Régions en est un élément facilitateur. Il est au contraire crucial d'en faire une solidarité entre deux Régions à part entière, chacune avec sa spécificité, dont l'avenir pourrait être lourdement affecté par les projets de la Flandre. Si Bruxelles voit son existence en tant qu'entité régionale autonome mise en danger, la Wallonie a besoin de continuer son redressement à l'abri d'une fédération belge solidaire.

Le concept d'entité wallo-bruxelloise sous bannière francophone n'est pas jouable: il ne tient pas compte de la réalité bruxelloise. La langue maternelle est certes le français pour 51 pc des Bruxellois, mais même parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui ont une partie de leurs racines en Flandre. Une aventure franco-wallonne ne les tentera guère. De même, elle n'intéressera que marginalement les 9 pc dont la famille est bilingue, combinant le français et une des langues de l'immigration récente. Elle n'aura sans doute pas beaucoup d'attrait pour les 20 pc de Bruxellois dont la langue maternelle n'est ni le français ni le néerlandais. Quant aux 9 pc de Bruxellois dont la langue maternelle est le néerlandais, et aux 10 pc dont la famille est bilingue français/néerlandais, l'appel francophonissime risque surtout de les irriter (les chiffres proviennent de l'enquête «Taalgebruik in Brussel», VUB, 2001). Certes, dans les échanges entre Bruxellois, le français domine largement comme langue véhiculaire. C'est pour les francophones un privilège et un avantage, qu'ils devraient apprécier avec ouverture plutôt qu'arrogance: il serait réducteur de gommer la riche diversité des Bruxellois pour les englober dans une nation francophone. Il suffit d'ailleurs de leur poser directement la question: en cas de disparition de l'Etat belge, seuls 25 pc des Bruxellois souhaitent un rattachement à la Wallonie et 5 pc un rattachement à la Flandre; par contre, 67 pc souhaitent l'autonomie de leur Région (sondage réalisé en janvier 2005 par Research Solution).

Défendre Bruxelles sous la bannière francophone est en outre, aujourd'hui, une erreur stratégique. Cette attitude aliène totalement tous ceux des Bruxellois qui sont néerlandophones, bilingues, ou sensibles à l'intérêt de la présence culturelle flamande à Bruxelles. Elle jette les Flamands de Bruxelles dans les bras des confédéralistes et du VB, qui peuvent à juste titre apparaître comme leur bouclier face aux visées francophones. Mais surtout, elle donne une légitimité linguistique à ce qui apparaîtrait sinon clairement comme une sordide volonté d'inféodation de Bruxelles par la Flandre, qui a tout fait pour la réduire à une portion minuscule, qui a tout fait et continue à tout faire pour lui nier son statut de Région à part entière.

Bruxelles est le seul rempart solide face à l'éclatement du pays en deux nations, l'une francophone et l'autre flamande. Pour sauver la solidarité entre les diverses constituantes de l'Etat belge, il convient donc de sauver Bruxelles en tant que Région à part entière, et de le faire non au nom d'un clan linguistique, mais au nom de tous ses habitants. Que l'on parle d'incinérateur à Drogenbos, de vols nocturnes à Zaventem, de développement d'un RER, ou de transferts financiers, tout cela concerne l'ensemble des Bruxellois, quelle que soit leur langue. Même pour ceux qui voudraient rendre à Bruxelles une partie de son hinterland, il est opportun de le faire sans demander pour autant une révision de la frontière linguistique, protectrice de la présence du flamand dans les communes concernées. L'une et l'autre frontière ne doivent pas nécessairement coïncider.

La régionalisation du débat ne se fera que si s'organisent des forces politiques représentatives de l'ensemble des Bruxellois, et non plus d'une seule communauté linguistique. Je ne vois pas une telle évolution survenir à l'initiative des ténors des partis actuels: ils sont tombés dans la potion communautaire quand ils étaient petits, ont participé à la guerre linguistique quand c'en était l'heure, et ont bâti ensuite leur carrière sur ce tremplin. Ce sont les Bruxellois du terrain, souvent excellents bilingues, appréciés par toutes les Communautés, qui devront entreprendre ce travail de reconstruction. Cette évolution est souhaitée par une très large majorité de la population, dont 68 pc souhaitent des partis régionaux bilingues ou même plus largement représentatifs. Elle est soutenue par les 1 400 signataires du Manifeste bruxellois, qui «appellent les responsables politiques bruxellois à abandonner le clivage linguistique bicommunautaire et à s'organiser au sein de mouvements bruxellois, réellement représentatifs de la communauté des Bruxellois».

Le pays a besoin que les Bruxellois prennent enfin leur destin en mains en se libérant du carcan communautaire que lui imposent les partis et structures actuels. Ils n'y arriveront qu'avec l'aide de leurs voisins wallons, non en front antiflamand, mais dans une démarche commune en faveur d'une régionalisation harmonieuse et solidaire au sein de l'Etat belge, modèle pour l'Europe de demain.

(1) Est ici volontairement employé le terme «flandrien» pour bien distinguer qu'il s'agit des politiciens de Flandre (la Région), et non des Flamands (la langue ou la culture). Le terme «Flamands» prête en effet à confusion car il est employé indistinctement pour des concepts régionaux, communautaires, culturels, linguistiques, etc. Cette confusion finit par obscurcir le débat. Ainsi, elle donne à penser à certains que Bruxelles est à l'origine «flamande» au prétexte qu'on y parlait un dialecte plutôt proche de la langue flamande, ce qui rendrait logique le «retour» de Bruxelles à la Flandre. En réalité, sur le plan territorial et donc régional, Bruxelles ne fit jamais partie de la Flandre: elle a toujours été brabançonne.

Opinion parue dans La Libre, le 10/05/2006

15/11/2010

90%

par Benjamin Vella


BRUXELLES : 10% DE NÉERLANDOPHONES CONTRE 90% DE FRANCOPHONES ! BRUXELLES VILLE FRANCOPHONE ! STOP A LA FLAMANDISATION DE BRUXELLES ! FRANCAIS LANGUE UNIQUE !

Oh oui ! Purifions Bruxelles de la vermine flamande ! FLAMANDS : RETOURNEZ CHEZ VOUS !

Et tant qu'on y est : les Marocains, les Turcs, les Roumains Nichels, les Grecs, les Italiens, les Espagnols, les Africains, les Libanais, les Pakistanais,... aussi !

Et les SDF aussi tiens, qu'ils retournent chez eux !


Ah oui mais est-ce qu'il n'y aurait pas là, blague à part, comme un petit paradoxe ? Les Marloufs &co ils sont quand même nombreux, non ? Et on les a pris en compte dans nos statistiques, pas vrai ?
Z'allez croire qu'on leur a demandé s'ils se réclamaient de la langue de Voltaire ou de celle de Vondel et qu'ils ont donné la réponse qui arrangeait le statisticien ?

Eh ben non : on ne leur a rien demandé du tout. Souvenez-vous de l'article de notre pote bruxsellois d'origine turque Yakup. Alors voilà, comme tout le monde est d'accord pour dire sur un ton plutôt suffisant que le Français - Le FRANCAIS, Madame ! - est une langue bien plus internationale que le flamoutch et que donc tous ces immigrés sont inévitablement plus attirés par les sons "ain" et "on" que par les "r" à la flamande, roulés comme des chicons au gratin, on les a mis dans les amis des amis du statisticien : chez les FR.

Soit, il est vrai que pour ceux parmi les immigrés qui parlent autre chose que leur langue maternelle ou l'anglais, le français s'impose souvent (bon d'accord : très souvent) dans le choix de l'une des deux (des trois !) langues nationales (officielles).
OK.

Moi je dis que heureusement qu'ils sont là tous ces étrangers pour conforter la proportion très agréable de FR dans notre petite Région.

Alors, soyons fous : admettons la proportion 10-90 même si on n'est pas d'accord vu qu'on néglige au bas mot 25% de la population : celle d'origine immigrée qui se contrefiche d'appartenir à l'une ou l'autre communauté linguistique. Sans compter tous les Bruxellois "de souche" qui refusent comme moi d'être catalogués de la sorte.
Est-il pour autant sensé de bannir le flamand de la capitale ? Faut-il gommer toutes les inscriptions en néerlandais des panneaux et autres affichages publics qui ornent nos rues ? Faut-il souhaiter la bienvenue aux portes de notre Région exclusivement en français ?
Ce serait dire à 60% des Belges que leur capitale (belge !) ne leur appartient plus du tout. Que ces 19 communes (et plus si affinités) sont des terres francophones, un point c'est tout. Nous aurons fermé les portes de leur capitale à six Belges sur dix.

Il n'y aura alors plus le moindre cm² de Belgique. Il y aura la Flandre et le front Wallonie-Bruxelles, les deux Communautés ennemies pour la vie.


Revendiquer BRUXELLES FRANCOPHONE, c'est être fondamentalement séparatiste.

L'Europe a tout autant de souci à se faire à propos des Francophonissimes bruxellois que des Flamingants.
Épuration linguistique dans la capitale de l'Europe ? Cela semble aberrant, mais beaucoup de francophones seraient prêts à se rallier à cette machine probablement née d'un père bulldozer et d'une maman corbillard, par méconnaissance de ses tenants et de ses aboutissants.

N'attendez plus ! Mobilisez-vous !
Rejoignez Pro Bruxsel et participez au seul mouvement qui crie : ENSEMBLE - SAMEN - TOGETHER.

Devenir membre ? C'est par ici.


Bonne fête aux Germanophones ! Souhaitons-leur le meilleur : que ce qu'ils appellent de leurs vœux se réalise et qu'ils deviennent la quatrième Région d'un État belge décommunautarisé.

14/11/2010

Langue maternelle, schooltaal or street language ? (bruxsel.info)

www.bruxsel.info

Maîtriser la langue de l'école

46% des Bruxellois n'ont pas "la langue de l'école" pour langue maternelle. Ils ont donc souvent de la peine à profiter pleinement de l'enseignement dispensé. Il existe par exemple une pédagogie éprouvée pour enseigner le "Français langue étrangère" ou le "Néerlandais langue étrangère". Cette pédagogie commence (enfin) à être diffusée et les premiers enseignants diplômés sont sortis avec leur master en poche mais ils ne pourront pas enseigner dans l'enseignement public parce que le statut de ce titre n'est pas fixé ! Une lenteur inexcusable qui risque DE produire une nouvelle génération d'enfants sacrifiés. Le jardin d'enfants obligatoire à Bruxelles ne serait-il pas une manière supplémentaire de familiariser tous les enfants avec la langue de l'école avant l'entrée en primaire ?


Hoe de schooltaal beter beheersen?

46% van Brusselaars hebben een eerste taal die verschillend is van de « schooltaal ». Ten volle baat hebben bij het geboden onderwijs is daarom moeilijker voor hen. Toch bestaat er een kwalitatieve pedagogie om het Frans of het Nederlands goed te leren. Deze techniek wordt (eindelijk) onderwezen en de eerste gediplomeerde leerkrachten zijn afgestudeerd. Ze kunnen echter nog niet in de openbare scholen onderwijzen omdat het statuut van hun diploma nog niet is vastgelegd! Een onaanvaardbare traagheid waarvan een nieuwe generatie kinderen het slachtoffer dreigt te worden. Verplicht kleuteronderwijs in de gekozen schooltaal zou in Brussel een bijkomend middel kunnen zijn om de kinderen hiermee vertrouwd te maken vóór het begin van het lager onderwijs.


Mastering the language of the school

46% of the students in Brussels have a mother tongue different from the language of the school. They therefore have more difficulties to fully enjoy the teachings.There is such a proven pedagogy to teach French or Dutch language. This teaching begins (finally) to be released and the first graduate teachers are out with their degree in the pocket but they can not teach in public schools because the status of this title is not yet fixed! The risk is therefore high that a new generation of children may be sacrificed. A mandatory kindergarten in Brussels would probably be an additional way to familiarize all children with the language of the school before entering primary school, good or bad idea ?

12/11/2010

Welcome to Multi-City !

par José Fernandez

Je reviens de New York. Six petits jours dans la mégalopole de la côte est américaine, un peu de tourisme et de shopping en prime, et surtout 42,2 km (ou 26,3 miles si vous préférez les US metrics...) de bitume collé sous mes chaussures de jogging après avoir participé au plus grand marathon du monde ;-)... Un événement sportif grandiose que je vous recommande par ailleurs.

Blacks, latinos, porto-ricains, pakistanais, haïtiens, WASPs, italo-irlandais, germano-polonais, la ville de tous les métissages et de toutes les ethnies. Un patchwork permanent de couleurs, saveurs, odeurs sous le regard cuivré de la statue de la Liberté et à l'ombre de l'Empire State Building.Dans le metro, les gens se cotoient, s'entraident, s'interpellent ou se mettent à rapper.

Dans la rue des milliers de yellow cabs vous prennent à bord pour vous faire traverser la ville au son lancinant du klaxon et des éclairs des sirènes de police. Et partout, ces gens qui marchent, courent, téléphonent, lisent, surfent.

"The Big Apple never sleeps...".

Certes, des ghettos du Bronx aux quartiers délabrés du Queens, NYC c'est aussi la ville de toutes les misères : on estime ainsi à 38.000 le nombre de sans abris à New York, dont 16.000 mineurs d'âge... Et 90 % d'entre eux sont blacks ou latinos. (source:www.ysop.org/statistics.htm).

C'est ça la société américaine et son esprit de compétition XXL : vous devenez une star en quelques mois grâce à votre voix, comme Jenifer Lopez ou Mariah Carey, ou un petit accroc de santé suivi d'un licenciement (sans indemnités ni droit au chômage) vous précipite tout droit dans la rue...

Le modèle est donc imparfait, certes. Mais les Etats-Unis, et New York en figure en quelque sorte l'exemple ultime, sont une extraordinaire machine à intégrer. Là-bas, on se sent "américain" avant tout. Le chauffeur de taxi pakistanais est fier de vous montrer sa "Green Card". Parce qu'elle lui permet de gagner officiellement sa vie, certes. Mais aussi parce qu'il peut dire "now, I'm a citizen of this country !". Désir d'appartenance et d'intégration...

Et tout ce qui semble si bien marcher là bas, pourquoi cela ne marche-t-il pas chez nous, dans notre vieille Europe, et singulièrement à Bruxelles ? Sans doute parce que l'intégration sociale passe surtout et avant tout par une intégration économique et une reconnaissance civile. Les flics new yorkais s'appellent Lopez, Mazzini, Jones ou Kasharian. Sur Times Square, les commerçants Pakistanais et les bijoutiers juifs se cotoient dans les mêmes rues commerçantes, à Brooklyn, vivent des avocats d'origine hispanique et des chauffeurs de poids-lourds d'origine irlandaise.

Et la ville est devenue de fait bilingue : dans le métro, dans les restaurants, l'anglais et l'espagnol, désormais deuxième langue du pays, se côtoient sur les mêmes affiches ou menus. Pas de lois oppressantes pour cela, simplement le sens du service au 'client' et une certaine forme de respect des minorités ethniques. Oh bien sûr, il y a encore du boulot... Le premier président d'origine afro-américaine n'a été élu qu'en 2008 et les discriminations, surtout à l'intérieur du pays, continuent à exister. Mais le modèle se base sur l'acceptation d'un nombre de règles de base érigées en "principes fondamentaux de la Nation" et laisse une place non négligeable à la libre détermination. Cela aussi, c'est la démocratie. On ferait bien de s'en inspirer à l'heure de construire la vie de notre pays, lui aussi multi-communautaire. Et Bruxelles a sans doute un certain nombre de points communs avec New York, à commencer par la densité extraordinaire de nationalités différentes qui vivent sur son territoire.

International Friendship Run.
Les participants au Marathon de New York se rassemblent
pour un mini-jogging de 4 km la veille du Marathon.
Même sous les fenêtres de l'ONU,
le Vlaamse Leeuw côtoie le drapeau belge.
Cocasse, lorsque le militant 'flamand' se voit interpeller
par un participant qui lui demande
"which country are you from ?".
Et la réponse fuse... "I am from Flanders...".
"Flanders ? I don't know..."

11/11/2010

Demoscha - Vigilance citoyenne

par Max De Brouwer

Au-delà de la beauté du geste


A l’époque où la « cité des ânes » était dirigée par le maïeur Nols, des citoyens schaerbeekois ont fondé Démocratie Schaerbeekoise – Demoscha – pour suivre de près les agissements du conseil communal issu de la liste du bourgmestre de l’époque, d’une teinte qui mérite l’euphémisme « bleu très foncé ». Depuis, sous le sceptre de Bernard Clerfayt, la cohabitation s’est nettement améliorée, le radicalisme n’est plus. Cependant, l’association continue son travail de vigilance citoyenne.

Demoscha critique :

La commune avait organisé, en avril 2009, des consultations citoyennes sur le Plan communal de Développement. Une consultation anachronique, sur un projet local en pleine campagne électorale régionale ! Et une consultation loin d’être aboutie : cadre de consultation imprécis, rôle de la participation dans le processus décisionnel inconnu, compte-rendus sommaires des interventions de citoyens, pas d’information sur les suites réservées à ces interventions, etc. Bref une consultation « pour la beauté du geste ».

En 2010, la police schaerbeekoise, soumise aux directives du bourgmestre faisant fonction, avait dressé procès-verbal pour atteinte à l’ordre public, contre des militants de « boycott Israël », qui distribuaient des tracts sur un marché. Demoscha est intervenue, rappelant qu’il n’y avait pas d’entrave à la circulation, ni manifestation (avec calicots etc.) requérant autorisation et que, dès lors, la police avait elle-même commis une atteinte à la liberté d’expression. Ce point de vue avait d’ailleurs été corroboré une dizaine d’années plus tôt par un jugement concernant le règlement de police d’Anvers. Si la commune n’a pas reconnu son erreur, ce point de liberté fondamentale semble cependant bien établi désormais.

Demoscha compare :

Chaque élection communale vient avec son lot de promesses. Ensuite vient l’accord de majorité avec son lot de bonnes résolutions, vous savez, comme ces écoliers qui se promettent d’être très soigneux mais qui font des oreilles d’âne dès la deuxième page de leur nouveau cahier. La majorité avait promis de faire régulièrement (sic) sa propre évaluation de ses progrès. Comme trois ans plus tard, malgré plusieurs rappels émis par Demoscha, la commune ne procédait toujours pas à son auto-évaluation, l’association s’y est mise elle-même. Ceci a dû agir comme un aiguillon, puisque à peine le rapport Demoscha sorti, la commune s’est empressée de tenir enfin sa promesse et de procéder à sa propre évaluation « régulière ».

Un comparatif des deux s’imposait pour voir si l’autocongratulation communale était méritée, dans les domaines qui concernent la citoyenneté et la gouvernance.

Exemple. La commune prétend : concertation avec les quartiers sur une extension du plan de stationnement. Demoscha constate : on ne trouve pas d’évaluation des concertations, leur rôle n’est pas clair et on ne voit pas en quoi la concertation a influé sur le projet. Encore une consultation « pour la beauté du geste » ?

L’auto-évaluation de la commune a aussi zappé tout le chapitre (III) sur la gouvernance. Quel hasard, c’est justement ce qui intéresse les citoyens, notamment toutes les questions d’éthique. Y aurait-il eu défaut de gouvernance ? Rien ne le laisse penser, sinon qu’on a préféré ne pas évaluer ce point. Manquaient ainsi à l’appel les progrès en matière d’obligation de rendre des comptes, de transparence, d’efficacité, de réactivité, d’anticipation des problèmes ou de primauté du droit.

L’accord de majorité prévoyait aussi l’instauration d’un ombudsman qui, en recevant les réclamations des Schaerbeekois et des Schaerbeekoises, aurait eu une position privilégiée pour vérifier cette bonne gouvernance. Mais voilà, après trois ans, point d’ombudsman à l’horizon. Simple coïncidence ?

Pourtant la commune est aussi capable de se critiquer, notamment à propos du manque de réalisation de moyens logistiques pour l’information aux citoyens et pour les réunions publiques. Cela explique-t-il la carence des concertations publiques ? Car si la quantité y est, la qualité laisse hélas à désirer. Un autre exemple, le développement des correspondants et des boutiques de quartier. Tout est mis en place, mais leur rôle n’est pas vraiment défini, ce qui explique peut-être un niveau de sollicitation lamentable.

A la défense du conseil communal, l’opposition (P.S.) n’a pas non plus rempli son rôle de vigilance, alors qu’elle aurait dû être la première à critiquer que le conseil zappait une partie significative de son accord de majorité.

Déficit démocratique

Autre intention, promis juré, l’amélioration du contenu et de la diffusion du Schaerbeek-Info. Mais les partis qui ne sont pas représentés au conseil communal, comme Pro Bruxsel, n’ont pas droit à cette tribune. Le journal sert donc notamment d’outil électoral réservé aux gros partis élus et exclut l’émergence d’un renouveau politique. Quant à la distribution, n’en parlons pas : elle reste très aléatoire au vu des nombreux membres de Demoscha qui ne le reçoivent pas.

En résumé, considérant l’interdiction de distribution de tracts sur la voie publique, l’absence d’auto-évaluation en matière de gouvernance, la réservation du Schaerbeek-Infos aux seuls partis élus, ou encore l’absence de l’ombudsman communal qui avait aussi été promis, c’est à vous de déterminer si le conseil communal de Schaerbeek est en déficit démocratique, un peu, beaucoup, tendrement, à la folie ou pas du tout.

07/11/2010

Stigmatisations

par Yakup Yurt

Il est vrai que la Constitution prévoit seulement deux Communautés à Bruxelles. Néanmoins, sociologiquement et démographiquement, la situation est tout à fait différente.

Bien que m'exprimant plus facilement en français qu'en néerlandais, je ne me sens aucunement impliqué dans les querelles linguistico-communautaires belgo-belges et je ne me sens pas obligé de choisir une communauté linguistique qui serait contre l'autre.
Originaire de Turquie et vivant dans ce pays depuis plus de 43 ans déjà, naturalisé Belge et père de deux garçons nés à Bruxelles, ni Wallon, ni Flamand, ni francophone de naissance, je me sens Bruxellois et Belge à part entière tant que ce pays qui s'appelle Belgique existera.

En conséquence, je demande, et ce malgré mes différences, respect et compréhension pour les "nouveaux Belges" que nous représentons aux yeux de beaucoup. Je sais que le problème du déficit démocratique ne sera pas résolu du jour au lendemain mais il est urgent que les partis démocratiques belges renoncent à leur mauvaise habitude de se souvenir des "étrangers" lors des campagnes électorales en choisissant des candidats "allochtones" ramasse-voix à double langage. Car il ne faut pas oublier que l'intégration est un processus à double sens de circulation.

Je fais des pas vers vous depuis mon arrivée dans ce pays.
A présent, j'attends vos pas vers moi.

Afin qu'une vraie rencontre se réalise et qu'un vrai dialogue se noue entre nous toutes et tous.

Bruxselloisement vôtre!