06/09/2011

Oser mettre le modèle communautaire en question

par Philippe Delstanche

Au moment où vont reprendre d’hypothétiques négociations institutionnelles, 
il est utile de rappeler quelques points essentiels :

1. ces négociations sont conduites par des
partis tous mono-identitaires, 
basés sur une identité linguistique « pure »,
et tous communautaristes, c'est-à-dire :
partisans du système communautaire belge
tel qu’il existe ;

2. ces négociations ont pour point de départ
la note du formateur Elio Di Rupo qui maintient
et renforce sur de nombreux points 
les institutions communautaires ;

3. ce communautarisme à la belge est le principal
facteur de blocage actuel : le front flamand
s’opposant au front francophone ;

4. ce communautarisme à la belge, unique au monde, est le principal facteur 
de notre complexité institutionnelle, avec ses coûts et ses inefficiences qui sont 
surtout dramatiques à Bruxelles, où le système communautaire est en échec 
grave dans la gestion de l’enseignement ;

Il est urgent d’en tirer les conséquences. 
De nombreux citoyens, organisations et personnalités demandent 
– dans les trois langues nationales - des institutions simplifiées, basées 
sur les Régions et non plus les Communautés linguistiques.

Malheureusement, une telle évolution est difficile à concevoir pour la direction 
des partis traditionnels, enfermés dans leur posture communautaire depuis 
des décennies. Pourtant, seule une logique purement régionale permettra de 
donner à la Flandre le niveau d’autonomie à laquelle elle aspire tout en protégeant 
Bruxelles contre la volonté de la Flandre de cogérer celle-ci avec la Wallonie, 
via les Communautés linguistiques.

Il faut donc oser mettre enfin le communautarisme belge en question.

Après 420 jours de crise communautaire ouverte, ProBruxsel appelle 
solennellement les responsables politiques, les medias, et les associations 
citoyennes à ouvrir très largement ce débat.

1 commentaires - commentaren - comments:

Tanguy (de Bruxelles) said...

Pourquoi ne pas oser proposer le scénario d'une "Région-Brabant Capitale" ?!
Elle permettrait un rééquilibrage 'communautaire' dans la capitale de la Belgique mais aussi de donner les moyens socio-économique et territoriale à une capitale de dimension européenne !!
Les formules actuellements lancées n'ont qu'une vision à court terme et ce sera rebelotte d'ici quelques années. Bruxelles asphyxiée, sous-financée, crise, chantage, etc.