30/04/2011

Olivier Maingain étend sa nation à la Wallonie

par Max De Brouwer

Le terrain de jeu politique du F.D.F. se limitait principalement à Bruxelles et à sa périphérie, dont les six communes à facilités. Aujourd’hui, le président du F.D.F. a posé la première brique de son implantation en Wallonie, donnant ainsi le coup d’envoi d’une extension qui donnera au parti une envergure territoriale communautaire globale. Dans une interview donnée au Vif – l’Express, notre francophonissime ne boudait pas son plaisir de contribuer ainsi à étendre la « nation F.D.F. »

Fin mars déjà, il avait présenté à l’université de Liège les grandes lignes de ce que pourrait-être un système fédéral dans lequel les Régions wallonne et bruxelloise se dissoudraient dans un monolithe communautaire. Il proposait de créer un parlement de la communauté française, dont les élus wallons et bruxellois formeraient ipso facto leur parlement régional respectif, une coquille vide qui serait dès lors totalement inféodée à la communauté et qui n’aurait d’autre utilité que de créer de coûteux postes honorifiques sans guère de compétences. Encore des cumuls de mandats en perspective. Quelques jours plus tard, Rudi Demotte (P.S.) n’annonçait-il pas le changement nominatif de sa Communauté française en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Mais que dit le M.R. de cette occupation frontiste du terrain wallon ? Certes, notre tisserand d’alliances francophones se défend de vouloir faire de l’ombre à son grand frère M.R. en Wallonie, mais tout de même : dès les élections communales de 2012, des participations F.D.F. devraient apparaître en bonne place sur les listes M.R., qui laissent présager d’une radicalisation au sein du parti bleu au niveau local. Le M.R. va-t-il dès lors lui-même se radicaliser et développer une version francophone du nationalisme flamand, tout comme le CD&V s’est aligné sur le discours monomaniaque flamand de la N-VA ? L’avenir nous dira si la direction du M.R. voit en notre sémillant défenseur des francophones contre le péril jaune et noir, le fer de lance d’une nation francophone hégémonique qu’elle appelle de ses vœux, ou au contraire un concurrent, un enfant turbulent, un partenaire de moins en moins contrôlable. Prenant les devants, Maingain rappelle sa maison mère à l’orthodoxie : Jean Gol n’avait-il pas lui-même, en 1993, négocié avec Antoinette Spaak la fusion du P.R.L. et du F.D.F. et souhaité la création d’une nation francophone ?

Ainsi, Olivier Maingain annonce-t-il vouloir renforcer l’union sacrée Wallonie-Bruxelles. Mais le but semble surtout de faire émerger une fierté francophone qui puisse d’une part tenir tête à la menace flamande, et d’autre part ingérer Bruxelles, sa jeunesse et sa création de richesses, comme on peut le lire entre les lignes de l’interview.

Exemples choisis :

Quand il dit « Asseoir l’unité inébranlable entre Bruxelles et la Wallonie », ne faut-il pas lire « créer de toute pièce une unité qui n’a jamais existé et qui n’est pas souhaitée par une très large majorité de Bruxellois, si l’on en croit le sondage Dedicated Research de septembre 2010 ? Ne s’agit-il pas avant tout de se réserver la vache à lait bruxelloise pour éviter de la voir confisquée par la Flandre ?

Quand il dit « A nos yeux, la Fédération Wallonie-Bruxelles est une relation privilégiée », ne faut-il pas surtout y voir le souhait de déforcer les Régions à l’avantage d’une communauté française rebaptisée Fédération Wallobru, retirant ainsi à Bruxelles le droit de présider à son propre destin et de se gérer elle-même pour faire face à ses défis propres ?

Quant il dit « assumer notre avenir au départ des forces propres à la Wallonie et à Bruxelles », ne faut-il pas comprendre le souhait de fonder l’avenir de la Wallonie sur la force économique de Bruxelles ?

Tout ceci ressemble furieusement à l’institution d’un nationalisme francophone sensé faire contrepoids au nationalisme flamand pour mieux pratiquer l’anschluss de la capitale. En cela leur stratégie ne diffère guère de celle des autres formations politiques, des deux côtés de la frontière linguistique. Les hommes et femmes politiques, même bruxellois, vont chercher leurs ordres dans des partis qui tous sont communautaires et qui n’auront donc jamais pour vocation de défendre les intérêts des Bruxellois. Même le F.D.F., qui se targuait de sa spécialisation bruxelloise, ne peut plus, à partir d’aujourd’hui, s’en prévaloir. Il n’y a que Pro Bruxsel pour défendre Bruxelles et l’ensemble de sa population.

Car pour répondre aux défis titanesques auxquels la capitale doit faire face d’urgence – pauvreté, chômage, analphabétisme, santé publique, pollution, transports, sécurité – elle ne peut compter que sur elle-même et certainement pas sur les communautés, tant flamande que française, ni sur des partis politiques qui ont toujours cherché à renforcer la Wallonie et la Flandre au détriment de Bruxelles et des Bruxellois.

29/04/2011

Pro Bruxsel @ Camp16

http://www.youtube.com/watch?v=ADG7la900Ts&feature=share

Le samedi 30 avril, Pro Bruxsel campera dans le parc du Cinquantenaire. Nous dénoncerons l'absence de courage politique et continuerons à marteler notre revendication d'une Belgique des Régions. Rejoignez-nous, dès 14h et jusqu'à 18h !

Zater namiddag 30 april kampeert Pro Bruxsel met tent, banner en panelen in het Jubelpark. Samen met de organisatoren van Camp16 en Shame protesteren wij tegen het uiblijven van politieke moed en zullen wij pleiten voor een België der regio's. Wij kamperen van 14h tot 18h in het Jubelpark te Brussel en hopen u talrijk te mogen begroeten.

25/04/2011

Co-bestuur of goed bestuur?

door Wouter Bogaert
Al maanden praten onze politici over co-bestuur van Brussel door Vlamingen en Walen.

Vanuit de ivoren torens in Vlaanderen en Wallonie lijkt co-bestuur een goede oplossing, maar is dat ook goed bestuur? In deze korte nota wil ik toch even argumenten aanreiken dat als co- bestuur goed bestuur wil zijn, zij vertegenwoordigers van alle geledingen van de maatschappij moet hebben, ttz. Vlamingen, Walen, Brusselaars, Europeanen en migranten.

Volgens de eenvoudige these co-bestuur van onze politici zijn Vlamingen en Walen de enige 2 soorten mensen die er leven in België (en dan laat ik nog even de Duitstalige achterwege). Deze 2 soorten mensen stemmen voor Vlaamse of Waalse politici en financieren Brussel. Maar wat Brussel betreft is dat uiteraard fout, niet alleen omdat deze stelling al honderden jaren fout is, maar ook omdat de laatste 30-40 jaar Brussel een extra Europese dimensie heeft gekregen die er voorheen niet was.

Brussel was altijd al een draaischijf van migratie, zoals Antwerpen of regio´s met arbeids krachten tekort in het verleden. Dit is al honderden jaren zo. We kunnen proberen migratie stop te zetten of te verminderen, maar de migranten die er al zijn, die gaan en willen er vaak blijven en moeten kunnen deelnemen aan het bestuur. Vandaag is dat te weinig het geval.

Brussel is ook Europees en internationaal geworden, maar hoeveel Belgische politici kunnen zeggen dat ze in het buitenland hebben gewoond, gewerkt of gestudeerd. Dit soort politici kan veel beter dan de Vlaming of Waal onder kerk toren de internationale dimensie van Brussel appreciëren en valoriseren. Dit soort politici moet dan ook deelnemen aan het beleid.

Last but not least is er ook de Brusselaar die al jaren in Brussel woont en die de migratie, Europees of andere, ondergaat en meer dan wie ook alle geuren en kleuren en voor- en nadelen van de diversiteit leeft en beleeft. Ook hij/zij verdient een plaats aan tafel.

Pro Bruxsel erkent de diversiteit en wil alle geledingen bij het beleid betrekken, alleen dan kunnen we rekenen op goed bestuur en kunnen we werken aan een sterk Brussel binnen een sterk België. Pro Bruxsel formuleerde op zijn laatste congres ook voorstellen om de Brusselaar (of hij nu Europeaan, migrant of historische Brusselaar is) meer bij het beleid te betrekken en ook in Brussel te gaan voor goed bestuur.

21/04/2011

Pour un modèle basé sur les Régions (Le Soir)

http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-04-21/pour-un-modele-base-sur-les-regions-835859.php


Alain Maskens, médecin et essayiste, corédacteur du Manifeste bruxellois. Jean-Claude Vandermeeren, secrétaire général honoraire de la FGTB wallonne, signataire du Manifeste wallon.

Avez-vous déjà entendu les partis francophones proposer ensemble un projet pour la Belgique de demain ? Rien. Olivier Maingain : « Nous n’avons jamais été capables de mettre sur la table, de manière consensuelle, notre vision commune à l’horizon, disons, de 10 ans » (Le Soir du 28/01).

Dans ces conditions, comment et sur quoi négocier, face à une Flandre qui, elle, a déjà depuis longtemps exprimé très clairement son projet – un projet qu’elle propose pour tout le pays ? Ce sont les fameuses « résolutions » votées par le Parlement flamand en 1999. Elles demandent d’évoluer vers une Belgique faite de deux Etats confédérés largement autonomes (Flandre et Wallonie) cogérant largement la capitale.

Pour pouvoir négocier valablement, il est donc une étape indispensable : Wallons, Bruxellois et germanophones doivent enfin définir eux aussi leur projet. Non un plan B « Wallonie-Bruxelles » concocté entre « francophones », excluant d’emblée la Flandre, établi sans concertation avec les néerlandophones de Bruxelles ni avec les germanophones de Wallonie. Un plan A valable pour tous les Belges.

En réalité, un tel projet existe, porté et demandé par de nombreux acteurs de la société civile.

Dans ce projet, la Belgique devient une fédération de Régions égales et solidaires : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles, et la Région germanophone. Les actuelles Communautés disparaissent, leurs compétences (enseignement, culture, jeunesse, sport…) sont assumées par les Régions, comme c’est le cas déjà en Flandre. Modèle dès lors simplifié (un Etat, quatre Régions), plus cohérent, mais également plus démocratique : dans chaque Région, les compétences sont exercées par un seul gouvernement, soumis au contrôle d’un seul parlement élu directement par tous les habitants du territoire concerné. Le fédéral reste le garant de la solidarité. Et le cadre européen garantit la protection des minorités.

Ce modèle prend en compte les aspirations légitimes et démocratiques de la Flandre : si celle-ci, par ses instances élues démocratiquement, revendique pour sa Région plus d’autonomie, au nom de quoi pourrait-on l’en priver ? Tout au plus peut-on lui faire la proposition d’une fédération forte, et agir pour rendre plus intéressante à ses yeux la coopération de tous au niveau fédéral. Et, si elle refuse, on peut maintenir un niveau plus élevé de coopération et solidarité entre les trois autres Régions par des accords ou structures communes qui ne lient qu’elles.

Par contre, ce modèle d’un Etat basé uniquement sur les Régions protège Bruxelles contre la volonté de la Flandre de cogérer celle-ci avec la Wallonie. Aucun principe moral ou démocratique ne permet à la Flandre de s’ingérer dans la gestion interne d’une Région voisine (sauf peut-être pour les services rendus comme capitale fédérale, qui devraient faire l’objet d’accords transparents).

Si certains en Flandre réclament pourtant ce droit, c’est que les actuelles structures communautaires constituent un précédent dans ce sens. Rappelons-le, le territoire de la « Communauté flamande » recouvre la Flandre et Bruxelles, et le territoire de la Communauté française recouvre la Wallonie et Bruxelles. Pour toute matière « communautarisée », la Flandre est aujourd’hui légalement compétente à Bruxelles – de même que la Communauté française.

Dès lors et très logiquement, les nationalistes flamands font tout pour renforcer les Communautés, demandant par exemple que la gestion des allocations familiales, des soins de santé ou de la justice soient transférées vers celles-ci et non vers les Régions.

Il est donc grand temps d’opposer aux nationalistes flamands le modèle régional simplifié défini plus haut. Face à leur demande d’une autonomie accrue, c’est aujourd’hui – selon nous – la seule réponse loyale et démocratique, et donc défendable en dernier recours devant un arbitrage international. C’est aussi la seule réponse susceptible de remettre le débat institutionnel sur des rails sains. N’est-ce pas un modèle très proche qu’a récemment proposé Johan Vande Lanotte, constitutionnaliste et ex-conciliateur (Le Soir du 17/2) ? N’est-ce pas celui que prône Karl-Heintz Lambertz, ministre président de la Communauté germanophone et par ailleurs expert, lui aussi, en droit constitutionnel ?

Encore faudrait-il que les partis francophones acceptent de renoncer eux-mêmes à l’institution communautaire. Sur ce plan, la position des responsables politiques francophones est malheureusement ambiguë.

Certes, en renommant la Communauté française « Fédération Wallonie-Bruxelles », les partis francophones semblent privilégier la composante « régionale » des entités Wallonne et Bruxelloise, et l’on peut s’en réjouir.

Mais ces mêmes partis refusent tout transfert significatif des compétences actuelles de la Communauté française (notamment l’enseignement et la culture) vers les Régions. Et l’actuel « Groupe Wallonie Bruxelles » censé réfléchir à l’avenir des deux Régions, reste dans sa composition purement communautaire et francophone. Ni les néerlandophones de Bruxelles, ni les germanophones n’y sont représentés. Pourquoi ce rejet ? S’il s’agit d’apaiser le nationalisme linguistique d’une certaine Flandre, pourquoi jouer ainsi le même jeu du repli linguistique ? S’il s’agit d’éviter la cogestion de Bruxelles par la Flandre, pourquoi ne pas renoncer clairement à l’actuelle cogestion partielle de Bruxelles par la Communauté française, et accepter sans arrière-pensées la nature multilingue et cosmopolite de cette Région ?

Il faut aujourd’hui mettre fin à cette ambiguïté, et offrir aux Belges un projet clair et fort. Comme le rappellent avec pratiquement les mêmes mots l’Appel des Bruxellois et le Mouvement du Manifeste Wallon : « Il est temps de laisser derrière nous un État belge où deux Communautés se font face, pour mettre les institutions en phase avec la réalité de la population du pays, en permettant l’épanouissement des Régions, chacune avec son identité propre, des institutions cohérentes et la capacité de développer entre elles des coopérations efficaces, car tissées entre des partenaires égaux ».

A défaut, on laissera en place un communautarisme dépassé, dont les derniers soubresauts seront mortels pour ce pays et sa Région centrale.

voir aussi : www.manifestobru.be

18/04/2011

L’ambiguïté des partis francophones

Avez-vous déjà entendu les partis francophones proposer ensemble un projet pour la Belgique de demain ? Rien. Niets. Nichts. Olivier Maingain: « Nous n’avons jamais été capables de mettre sur la table, de manière consensuelle, notre vision commune à l’horizon, disons, de 10 ans » (Le Soir du 28 janvier).

Dans ces conditions, comment et sur quoi négocier, face à une Flandre qui, elle, a déjà depuis longtemps exprimé très clairement son projet – un projet qu’elle propose pour tout pour le pays ? Ce sont les fameuses « résolutions » votées par le parlement Flamand en 1999. Elles demandent d’évoluer vers une Belgique faite de deux États confédérés largement autonomes (Flandre et Wallonie) cogérant largement leur capitale commune.

Pour pouvoir négocier valablement, il est donc une étape indispensable: Wallons, Bruxellois et Germanophones doivent enfin définir eux aussi leur projet. Non un plan B « Wallonie-Bruxelles » concocté entre « francophones », excluant d’emblée la Flandre, établi sans concertation avec les néerlandophones de Bruxelles ni avec les Germanophones de Wallonie. Un plan A valable pour tous les belges.

En réalité, un tel projet existe, porté et demandé par de nombreux acteurs de la société civile, et clairement articulé par le parti bilingue Pro Bruxsel [1], qui l'a encore confirmé lors de son congrès du 3 avril dernier.

Dans ce projet, la Belgique devient une fédération de Régions égales et solidaires : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles, et la Région germanophone. Les actuelles Communautés disparaissent, leurs compétences (enseignement, culture, jeunesse, sport, …) sont assumées par les Régions, comme c’est le cas déjà en Flandre. Modèle dès lors simplifié (un État, quatre Régions), plus cohérent, mais également plus démocratique : dans chaque Région, les compétences sont exercées par un seul gouvernement, soumis au contrôle d’un seul parlement élu directement par tous les habitants du territoire concerné. Le fédéral reste le garant de la solidarité. Et le cadre européen garantit la protection des minorités.

Ce modèle prend en compte les aspirations légitimes et démocratiques de la Flandre : si celle-ci, par ses instances élues démocratiquement, revendique pour sa Région plus d’autonomie, au nom de quoi pourrait-on l’en priver ? Tout au plus peut-on lui faire la proposition d’une fédération forte, et agir pour rendre plus intéressante à ses yeux la coopération de tous au niveau fédéral. Et, si elle refuse, on peut maintenir un niveau plus élevé de coopération et solidarité entre les trois autres Régions par des accords ou structures communes qui ne lient qu’elles.

Par contre, ce modèle d’un État basé uniquement sur les Régions protège Bruxelles contre la volonté de la Flandre de cogérer celle-ci avec la Wallonie. Aucun principe moral ou démocratique ne permet à la Flandre de s’ingérer dans la gestion interne d’une Région voisine (sauf peut-être pour les services rendus comme capitale fédérale, qui devraient faire l’objet d’accords transparents).

Si certains en Flandre réclament pourtant ce droit, c’est que les actuelles structures Communautaires constituent un précédent dans ce sens. Rappelons-le, le territoire de la « Communauté flamande » recouvre la Flandre et Bruxelles, et le territoire de la Communauté française recouvre la Wallonie et Bruxelles. Pour toute matière ‘communautarisée’, la Flandre est aujourd’hui légalement compétente à Bruxelles – de même que la Communauté française.

Dès lors et très logiquement, les nationalistes flamands font tout pour renforcer les Communautés, demandant par exemple que la gestion des allocations familiales, des soins de santé ou de la justice soient transférées vers celles-ci et non vers les Régions.

Il est donc grand temps d’opposer aux nationalistes flamands le modèle régional simplifié défini plus haut. Face à leur demande d’une autonomie accrue, c’est aujourd’hui - selon nous - la seule réponse loyale et démocratique, et donc défendable en dernier recours devant un arbitrage international. C’est aussi la seule réponse susceptible de remettre le débat institutionnel sur des rails sains. N’est-ce pas un modèle très proche qu’a proposé Johan Vande Lanotte, constitutionnaliste et ex-conciliateur, dans son récent exposé à l’Université de Gand (Le Soir du 17/2), rapidement rejoint par Karel De Gucht (interview à la VRT le 18/2) ? N’est-ce pas celui que prône Karl-Heintz Lambertz, Ministre Président de la Communauté germanophone et par ailleurs expert, lui aussi, en droit constitutionnel ?

Encore faudrait-il que les partis francophones acceptent de renoncer eux-mêmes à l’institution communautaire. Sur ce plan, la position des responsables politiques francophones est malheureusement ambiguë.

Certes, en renommant la Communauté Française « Fédération Wallonie-Bruxelles », les partis francophones semblent privilégier la composante « régionale » des entités Wallonne et Bruxelloise, et l’on peut s’en réjouir.

Mais ces mêmes partis refusent tout transfert significatif des compétences actuelles de la Communauté française (notamment l’enseignement et la culture) vers les Régions wallonne et bruxelloise. Et l’actuel « Groupe Wallonie Bruxelles » sensé réfléchir à l’avenir des deux Régions, reste dans sa composition purement communautaire et francophone. Ni les Néerlandophones de Bruxelles, ni les Germanophones n’y sont représentés. Pourquoi ce rejet? S’il s’agit d’apaiser le nationalisme linguistique d’une certaine Flandre, pourquoi jouer ainsi le même jeu du repli linguistique ? S’il s’agit d’éviter la cogestion de Bruxelles par la Flandre, pourquoi ne pas renoncer clairement à l’actuelle cogestion partielle de Bruxelles par la Communauté française, et accepter sans arrière-pensées la nature multilingue et cosmopolite de cette Région?

Il faut aujourd’hui mettre fin à cette ambiguïté, et offrir aux belges un projet clair et fort. Comme le rappellent avec pratiquement les mêmes mots l’Appel des Bruxellois et le Mouvement du Manifeste Wallon : « Il est temps de laisser derrière nous un État belge où deux Communautés se font face, pour mettre les institutions en phase avec la réalité de la population du pays, en permettant l'épanouissement des Régions, chacune avec son identité propre, des institutions cohérentes et la capacité de développer entre elles des coopérations efficaces, car tissées entre des partenaires égaux. »[2],[3]

A défaut, on laissera en place un communautarisme dépassé, dont les derniers soubresauts seront mortels pour ce pays et sa Région centrale.

Alain Maskens

(note mise à jour le 6 avril 2011 - remplace la version du 13 mars)

[1] (http://www.probruxsel.be/index.php?option=com_content&task=view&id=35&Itemid=73)

[2] www.brusselsvoice.be/fr/appeal

[3] www.claude-thayse.net/article-resolutions-de-l-a-g-du-mouvement-du-manifeste-wallon-du-22-novembre-2010-61698597.html

12/04/2011

Débauches et embauches sur Bruxelles

par Max De Brouwer

Sont-ils devenus fous ?

La Flandre manque de candidats pour garnir les emplois vacants critiques, alors que le chômage flambe à Bruxelles, pouvait-on lire dans le journal flamand De Tijd du samedi 9 avril 2011. Dès lors, les deux régions on conclu un accord de coopération visant à améliorer la mobilité des demandeurs d’emploi. Le VDAB (office flamand pour l’emploi) et son équivalent bruxellois, Actiris, collaboreront dorénavant étroitement par le moyen d’une concertation régulière, d’un étalonnage mutuel et d’un service de médiation. Ainsi, les demandeurs d’emploi bruxellois ayant une formation de base se verront-ils offrir au moins 1500 emplois dans la périphérie flamande de Bruxelles. Actiris a promis de fournir six candidats bruxellois par poste offert.

La coopération concerne également des places de stages pour les étudiants et les demandeurs d’emploi. Dès 2012, le ministre Muyters libérera 150.000 euros pour permettre des formations linguistiques. Une cellule de reclassement est également prévue en cas de licenciements collectifs dans l’une des deux régions.

Je trouve incroyablement navrant que Bruxelles, qui accueille quelque 250.000 navetteurs venant de Flandre, doive envoyer ses chômeurs recevoir des cours de néerlandais et travailler en Flandre. Quel gâchis ! On veut diminuer la pollution et le stress dû aux embouteillages, et on envoie les Flamands travailler à Bruxelles, pendant qu’on dégage de l’argent pour envoyer les Bruxellois travailler en Flandre. Ce pays est fou !

Bruxelles détient le record du chômage en Belgique, en même temps que celui de la création d’emplois (quelque 700.000 emplois pour 1.100.000 habitants). Selon le journal Le Soir, notre région a créé 37.915 nouveaux emplois depuis 10 ans, tout en grossissant les rangs du chômage de 50% (36.350 personnes, soit 1 chômeur en plus pour chaque nouvel emploi créé) alors que la population n’augmentait que de 16% sur le même laps de temps. Outre la croissance de la population, il y a le problème de l’état désastreux de notre enseignement (voir le rapport européen Pisa). 80% des emplois privés bruxellois requièrent le bilinguisme français-néerlandais. Faute de main-d’œuvre qualifiée, les employeurs recrutent dans les autres régions. Et aujourd’hui, le VDAB va recruter les chômeurs bruxellois unilingues et les former au néerlandais pour travailler en Flandre.

Si au moins une partie de l’impôt était perçu sur le lieu du travail, cela permettrait à Bruxelles de se financer correctement, d’organiser un enseignement bilingue de qualité pour tous les jeunes, et d’ouvrir de vraies perspectives d’avenir au sein de leur région, à nos 106.000 chômeurs. Au lieu de cela, les politiciens nationalistes flamands rechignent à nous faire l’aumône et préfèrent organiser un chassé-croisé qui tue la planète, qui empoisonne les Bruxellois, qui fait perdre des heures en embouteillages à des centaines de milliers de Belges qui passent leur temps dans leur voiture ou dans le train plutôt que d’être avec leurs familles.

Ils sont complètement toqués !

11/04/2011

Le principe d'incompétence de Pe(ee)ter(s) expliqué au bon peuple Bruxellois

















PRINCIPE D'INCOMPETENCE DE PETER :

"Dans une organisation, tout individu tend à s'élever hiérarchiquement jusqu'à son niveau d'incompétence, au-delà duquel il stagnera."

Ce principe, enseigné dans les cours de management des écoles de commerce et des universités du monde entier, Kris Peeters vient d'en donner une version fort personnelle à l'usage de la "sous-région" bruxelloise et de ses habitants :
"Bruxelles ne sera jamais une région à part entière, il faut un statut en dessous de la Flandre et de la Wallonie, une ville-Région. Pas de chèque en blanc pour Bruxelles, quand on vient demander de l’argent aux autres, il faut d’abord mettre de l’ordre dans sa propre maison." Autrement dit, selon K. Peeters, qui parle non seulement au nom du CD&V, mais également au nom de toute la Flandre dont il est le Ministre-Président, les Bruxellois sont une espèce de sous-race, à ce point incompétents dans la gestion de leur région, qui leur faut impérativement une belle-mère (flamande) pour être cer tains qu'ils se comportent décemment...
Affligeant, arrogant et imbécile, Monsieur Peeters.
Pas d'autre sentence possible....
Démonstration par l'absurde :
1. La Région Bruxelloise existe depuis 20 ans et est reconnue comme telle à l'article 3 de notre constitution. Aucun élément dans la Constitution ne permet d'ailleurs de considérer qu'elle devrait-être une sous-région comme l'entend le Premier Flamand. La logique communautaire a cependant amené à imposer à Bruxelles une logique institutionnelle d'une complexité inouïe, symbolisée par la CoCof et la VGC.
2. Kris Peeters invoque dans son raisonnement l'impérieuse nécessité de "protéger" la minorité néerlandophone de Bruxelles contre les francophones "colonialistes". On notera au passage qu'il s'abstient d'expliquer par contre comment la minorité francophone de Flandre devrait, dans la même logique, être "défendue"...
Il foule ainsi aux pieds les institutions bruxelloises, dont on rappelera ici qu'elles sont bilingues, qu'elles garantissent totalement la protection de la minorité néerlandophone, suivant d'ailleurs une répartition non démocratique et exagérement favorable aux quelques 10 % de néerlandophones bruxellois. Ce faisant, il place également les propres mandataires bruxellois flamands (dont Brigitte Grouwels, Ministre régionale CD&V) dans une position qu'on devine indéfendable...).
3. Au nom de quel principe démocratique Monsieur Peeters s'arroge-t-il le droit de venir dire aux Bruxellois ce qu'ils doivent faire chez eux, si ce n'est sous une forme grossière et caricaturale ? Il est prouvé malgré les imperfections et la complexité des institutions bruxelloise, que la Région de Bruxelles-Capitale s'en sort plutôt bien (voir notamment mon post précédent ici) si on la compare notamment aux autres grandes villes (notamment flamandes) du pays... Mais comme le disait Einstein, il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé...
Cette immiscion permanente des deux régions, Flandre et Wallonie, dans la réalité Bruxelloise est inadmissible et intolérable pour les Bruxellois.
4. Dans les négociations institutionnelles actuelles, la Flandre ne cesse de réclamer plus d'autonomie et de transferts de compétences pour sa région... mais refuse cette même logique pour la Région Bruxelloise. Contradiction complète dans les termes !
5. La Région de Bruxelles-Capitale est visiblement considérée par la Flandre (mais aussi par la Wallonie...) comme une région 'francophone'. Or la réalité sociale, démographique et économique montre clairement que si ce raisonnement était sans doute encore valable en 1989, lorsque la Région a été créée, elle n'est plus du tout valide aujourd'hui : Bruxelles, c'est aujourd'hui une mosaïque de plus de 160 nationalités différentes, une ville cosmopolite et multipe où 40 % des familles n'ont ni le Français ni a fortiori le Néerlandais comme première langue dans la sphère privée familiale...


Charles et ses deux belles-mères...
L'absurdité de la logique communautaire, imposée par la Flandre et la Wallonie a désormais atteint ses limites. Si l'on poursuit dans cette logique, on créera à Bruxelles des sous-nationalités : les soins de santé, l'accès aux crèches, les allocations familiales, l'accès à l'enseignement seront soumises à un "veto" linguistique absurde et intolérable ! "Si tu ne parles pas néerlandais, tu ne peux pas venir te faire soigner dans mon hôpital", "si tu souhaites que ton enfant apprenne le néerlandais, mais que tu es d'origine turque et que tu es enregistré comme francophone à Bruxelles, tu ne pourras pas le mettre dans une école néerlandophone, subsidiée par la Flandre. Par contre, tu pourras lui faire suivre des cours dans une association culturelle turque... subsidiée elle aussi par la Flandre pourtant !"


Mais au delà de la stigmatisation justifiée de la vision hégémoniste flamande sur Bruxelles, il faut également souligner que, malgré leurs dénégations, les politiciens francophones sont totalement ancrés, eux aussi, à cette logique de co-gestion de Bruxelles, qu'ils dénoncent cependant dans tous les medias !
A cet égard, la création de ce "brol" (oui, ils ont osé !) appelé Fédération Wallonie-Bruxelles n'est ni plus ni moins qu'une annexion de facto de la Région Bruxelloise par la Wallonie ! En ce sens, en tant que Bruxellois, il faut dénoncer cet acte hégémonique et à l'instar de la NV-a, considérer que c'est non seulement une "très grave provocation", mais surtout un acte illégitime : en démocratie, ce sont les citoyens qui décident de leur avenir au travers de leurs élus : qui a consulté la population bruxelloise (ou son parlement) avant de décider d'une telle "annexion" ?
Demotte et Picqué ont beau s'insurger dans toutes les langues et répéter que Bruxelles est une région à part entière (1,2), une fédération Wallonie-Bruxelles ne correspond en aucun cas à cette soi-disant vision. Si la Flandre avait décidé d'une telle "annexion", cela aurait fait un tollé indescriptible... et pourtant la logique est identique ! Bruxelles ne doit pas plus être ancrée à la Wallonie qu'à la Flandre : elle doit être reconnue comme une région identique en droits, à l'instar de ses voisines.


La seule proposition raisonnable et visionnaire, répétée lors du Congrès de Pro Bruxsel qui s'est tenu à Schaerbeek ce dimanche 3 avril, c'est la suppression définitive des Communautés et la refondation de l'état fédéral belge sur 4 régions, chacune dotée des mêmes compétences.
Et si cela ne pouvait se réaliser, les Bruxellois devraient alors s'auto-déterminer et choisir un avenir commun en tant que ville-état européen loin des logiques communautaires qui mènent à l'impasse actuelle...


(1) Ch. Picqué : "Derrière le discours de M. Peeters sur la soi-disant volonté de protection des minorités (flamandes, notamment) se cache en réalité une volonté de domination de Bruxelles aux seules fins de servir les intérêts économiques de la Flandre, sans égards au bien-être des Bruxellois, francophones ou néerlandophones, ce qui revient une fois de plus à la vieille conception utilitariste de la capitale."
(2) Rudy Demotte"il n’est et ne sera jamais question de prendre part à une quelconque cogestion de l’avenir de Bruxelles et des Bruxellois". Et d’ajouter que les Wallons soutiennent "la pleine reconnaissance" de la Région de Bruxelles-Capitale.

10/04/2011

Fédération Wallonie-Bruxelles… Keep on dreaming!

par Max De Brouwer

Des fédérations qui s'emboîtent et parfois se chevauchent, ça finit toujours par coincer.

Le 30 mars dernier, dès avant que la Communauté française de Belgique ne soit rebaptisée Fédération Wallonie-Bruxelles, Olivier Maingain présentait à l’université de Liège sa vision d’un avenir commun de la Wallonie et de Bruxelles. Le 5 avril, c’était chose faite : la Fédération Wallonie-Bruxelles était née.

L’usine à gaz institutionnelle bruxelloise, avec ses deux communautés, son apartheid linguistique, sa région, ses 19 communes, sa commission communautaire commune, malgré sa complexité, reposait sur un socle logique : accorder les compétences de gestion du territoire à la Région, et les compétences personnalisables, telles que l’enseignement et la culture, à une Communauté française et à une Communauté flamande. La fusion entre région et communauté flamandes ainsi que la création d’une fédération W-B sapent ipso facto les fondations de cet édifice branlant.

Le changement de nom n’est pas anodin car, même s’il n’entraîne aucun changement constitutif ou constitutionnel, il implique quand même le passage d’une communauté linguistique francophone vers une fédération territoriale. C’est donc bien d’un premier pas vers une fusion entre communauté française et régions wallonne et bruxelloise qu’il s’agit. Tiens, cela me rappelle les amours fusionnelles de ces coucous appelés région et communauté flamandes, qui ont pondu leur capitale dans le nid d'autrui.

Alors pourquoi vouloir maintenir un système communautaire – pardon, ça s’appelle maintenant la Fédération Wallonie-Bruxelles – en plus du système régional ? Il suffirait de transférer les compétences communautaires aux régions, et on marierait enfin efficacité et simplification. La réponse est claire : tant la région flamande que la région wallonne veulent pouvoir continuer à user et à abuser de Bruxelles. Il suffit d’ailleurs de considérer les détails organisationnels offerts par notre défenseur des francophones, Olivier Maingain, pour s’en convaincre. Le parlement de la Communauté française deviendrait le parlement de la Fédération W-B, comprenant un collège wallon de 30%, un collège bruxellois de 30% et un collège commun de 40% des sièges. Les députés bruxellois et wallons formant leur parlement régional respectif. Cela a l’air équilibré. A première vue.

Car l’idée est aussi de transférer les compétences fédérales belges vers cette fédération W-B. A terme, il y a fort à parier que les régions se résumeraient à de simples régions électorales.


Un machin qui pose des questions

Pourquoi la Fédération W-B ferait-elle mieux que la Communauté française à Bruxelles, en matière d’enseignement, dont je rappelle qu’il est sous-financé, mal géré, obsessionnellement unilingue et inadapté à notre population allochtone ?

Que répondraient nos excellences francophonissimes, si la Flandre, rien que pour rire, décidait de rebaptiser sa communauté flamande en Federatie Groot Vlaanderen en y incluant Bruxelles ?

Nos cantons de l’Est apprécieraient-ils de voir disparaître leur communauté germanophone pour être intégrés dans la Fédération wall-bru ?

Si tous les transferts de compétence venant de l’Etat fédéral vont à la Flandre d’une part et à la Fédération W-B de l’autre, cela veut dire que la Flandre et la Wallonie augmenteraient leur mainmise sur Bruxelles.

En quoi la nouvelle donne garantit-elle un financement équitable de Bruxelles ?


La fédération Wall-Bru : une vraie fausse bonne idée ?

La seule chose que je puisse voir de positif dans cette fédération, c’est la reconnaissance implicite de Bruxelles en tant que Région à part entière, partenaire égalitaire de la Wallonie. Et c’est bien ce qui embête les nationalistes flamands de la NV-A et du CD&V, qui veulent faire de Bruxelles une sous-région destinée à être cogérée par la Flandre et par la Wallonie, avec différentes sous-nationalités, avant de l’ingérer grâce à un régime de « facilités » débouchant sur une flamandisation forcée (inburgering).

La fédération impliquerait aussi une assimilation des Bruxellois néerlandophones et des Wallons germanophones dans un complexe dont la Wallonie aura en mains toutes les ficelles de la démocratie, qui trouverait ici tout sons sens de dictature d’une majorité sur des minorités.

Ce n’est donc pas par bonté d’âme que la Wallonie veut voir Bruxelles comme une région à part entière, qui pourrait entrer dans une fédération exempte d’identités linguistiques, qui damerait le pion à la Flandre en créant un contrepoids qui, bientôt, vu l’évolution démographique, mettrait à égalité numérique le nord et le sud du pays.


Et l’avis des Bruxellois dans tout ça ?

Comme d’habitude, on s’en tamponne. Les élus bruxellois francophones, Piqué en tête, entrent dans le système car ils boivent depuis trop longtemps au sein flétri de leurs partis communautaires respectifs, qui ont leurs racines et leurs majorités en Wallonie. Olivier Maingain a arrêté depuis longtemps de défendre les Bruxellois pour se retrouver seul avec sa peau de chagrin périphérique.

Ne parlons plus de démocratie, même indirecte. Nous vivons en particratie et en eurocratie. Je ne pourrai croire à la volonté des grands partis traditionnels de défendre les intérêts des Belges en général et des Bruxellois en particulier que lorsqu’ils auront vraiment tourné le dos au communautarisme pour s’organiser eux-mêmes de manière régionale.

Car seul le fait régional peut sauver la Belgique et Bruxelles. Le communautarisme n’apporte que blocages et dissensions.

Aujourd'hui, seul Pro Bruxsel, un mouvement par et pour les citoyens bruxellois de toutes origines, a une vraie vision d’avenir.

06/04/2011

Free Bruxsel… boost Belgium!

Après bientôt 4 ans de blocage institutionnel et un an sans gouvernement, Pro Bruxsel a réuni, ce dimanche 3 avril, un congrès anti-crise entièrement consacré à une réflexion sur le futur institutionnel de la Belgique.

Le congrès a constaté l’échec du « dialogue de Communauté à Communauté ». Il a également rappelé les conséquences néfastes du système institutionnel actuel, principalement pour la Région bruxelloise. Mélangeant, de façon ambigüe, les concepts de Communauté et de Région, les institutions sont compliquées, illisibles et peu démocratiques. Leur lourdeur se paie très cher, notamment au niveau de l’accueil des primo-arrivants et de la scolarité des plus faibles. La ségrégation sur une base linguistique ne représente pas la riche diversité de la population. Enfin, la communautarisation extrême des structures politiques dans l’ensemble du pays promeut insidieusement une idéologie mono-identitaire - « LES flamands / LES francophones » « Nous / Les autres » - qui s’installe sournoisement et risque de faire tache d’huile en Europe.

Pro Bruxsel, lui-même organisé sur une base plurilingue, propose de libérer Bruxelles de l’emprise communautaire tout en promouvant davantage qu’aujourd’hui le bilinguisme dans l’enseignement, les institutions et le fonctionnement de la vie politique. Sur cette base, Pro Bruxsel confirme sa proposition d’un fédéralisme simplifié et plus démocratique, basé sur quatre Régions solidaires. Dans ce modèle, les Communautés sont supprimées, et leurs compétences transférées aux Régions.

Un tel modèle permettra de donner à chacune des Régions, sur leur territoire, le niveau d’autonomie légitime auquel elles aspirent et les outils leur permettant d’être équitablement financées A Bruxelles, cette autonomie permettra de mettre en œuvre des politiques plus cohérentes, en faveur notamment de l’enseignement, de la mise au travail, de la mobilité, de l’accueil des primo-arrivants, de la sécurité.

Redynamiser Bruxelles dans une fédération belge post-communautaire lui permettra de mieux assumer son rôle de capitale européenne et de poumon économique du pays. En d’autres termes : la solution c’est Bruxelles … Free Bruxsel … boost Belgium !



Het land ligt op institutioneel vlak plat sinds 4 jaar. Daarom vond Pro Bruxsel het nodig om een «anti-crisis» Congres te houden dat volledig gewijd was aan de analyse over de instituionele toekomst van België.

Tijdens dit Congres werd nog maar eens vastgesteld dat de dialoog « van Gemeenschap tot Gemeenschap » definitief voorbijgestreefd is; nergens wordt er trouwens de minste vooruitgang geboekt, Het Congres heeft ook de vinger gelegd het de onaanvaardbare institutionele wirwar, met alle nefasten gevolgen die daaruit voortvloeien, niet in het minst voor het Brussels Gewest.. De vermengeling en verstrengeling van de begrippen « Gemeenschap » en « Gewest » maken onze instellingen ondoorzichtbaar, ingewikkeld en weinig democratisch.

Deze logheid komt ons duur te staan op vele vlakken, waaronder die van het onthaal van nieuw toegekomenen evenals van het onderwijs, zeker voor wat betreft de jongeren uit mindergegoede klassen. De « gemeenschapsvisie », wanneer zij op de spits gedreven wordt zoals vandaag het geval is via de instellingen van het land, leidt tot een mono-identitaire ideologie, waarbij we het hebben over « DE Vlamingen versus DE franstaligen », « WIJ en de ANDEREN », een kloof die alsmaar toeneemt en zich als een pest over gans Europa zou kunnen verspreiden. We weten tot wat zulks kan leiden.

Pro Bruxsel rust zelf op een basis die bestaat uit verschillende talen. De partij wil Brussel uit de greep van de communautaire halen en wil het onderwijs, de instellingen en de politiek zoveel mogelijk twee- en meertalig maken. Pro Bruxsel onderschrijft dan ook een eenvoudiger federalisme, dat meteen ook democratischer zal zin. De basis daartoe zal bestaan uit 4 solidaire Gewesten, met de afschaffing van de Gemeenschappen en de overheveling van hun bevoegdheden naar de Gewesten.

Zo 'n model biedt elk van de Gewesten de mogelijkheid om de bevoegdheden uit te oefenen die hen toekomt op haar grondgebied en over de financiële middelen te beschikken die zulk beleid realiseerbaar maken. In Brussel zal deze autonomie leiden tot een coherente aanpak, onder meer op het vlak van onderwijs, mobiliteit, veiligheid, wedertewerkstelling en de opvang van inwijkelingen.

Wij gaan voor een nieuwe dynamiek voor Brussel in het kader van een post-communautair België, wat ons Stadsgewest de mogelijkheid zal bieden om haar effectieve rol van Europese hoofdstad en economische motor van het land ten volle waar te nemen. Brussel is de oplossing … Free Bruxsel … boost Belgium.

05/04/2011

Oufti ! Qu’est-ce que c’est que ce brol ?

FWB, Fédé Wallobrux, Fédération Wallonie-Bruxelles, FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES, didju !

par Benjamin Vella

Ça y est, c’est fait. Ils ont osé.

Alors comme ça, on annexe [encore un peu plus] Bruxelles à la Wallonie, et ça ne semble déranger personne. Bon évidemment, dans les médias, personne ne peut dire que ça le dérange. Vont quand même pas critiquer l’institution qui leur donne des sousous.

Mais quand même : il y a Internet. Il y a Facebook. Et je ne lis rien. Rien. Aucune contestation. Ou si peu. Si mollement. Alors voilà. Tous endormis.

Très bien. Super. Donc on ne fait rien. On ouvre grand et on gobe. C’est vrai : il y a cet immonde fantôme qui nous effraie (presque) tous : le Séparatisme. Au nom duquel on accepte décidément beaucoup de choses. Constituer un front francophone. On y est. Les partis francophones, main dans la main, ont soigneusement dessiné les frontières d’un nouvel Etat. Comme ça, on est prêts. Ben oui, hein. On sait jamais.
Sauf que...

Sauf que un fantôme, les amis, ÇA N’EXISTE PAS !

Et que dire d’un Picqué, « ardent défenseur des Bruxellois », qui pose avec ses acolytes FR.
Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, Picqué n’est plus le président de tous les Bruxellois. Seulement d’une partie aussi réduite que ridicule. Les Francophones. Pas les Flamands, pas les bilingues, pas ceux qui se fichent d’être FL ou FR. Non. M. Picqué est le président des Bruxellois 100% francophones. Meneer Picqué is dood. Il a vendu son âme au diable, dont les habits sont aujourd’hui enfilés par la Particratie ou encore la Présidentocratie.


Bref. Revenons à la fédé. Mais c’est quoi ça ? Alors qu’à l’origine (au tout début, aux premières réformes institutionnelles), les Wallons voulaient une Belgique des Régions pendant que les Flamands revendiquaient une Belgique des Communautés, voici que les premiers parviennent à avoir des idées plus intolérables que les seconds ?
Et cette hypocrisie écœurante de Demotte (un gars que j’aime plutôt bien pourtant), de dire que cette appellation renforce le statut de Région de Bruxelles. You kidding me?
Ou comment prendre les gens pour de sombres imbéciles.

Ce genre d’initiatives confère (confirme) un statut de sous-Région pour Bruxelles et – pire – permet aux Flamands et aux Wallons de garder la mainmise sur elle. Ce qui leur permet d’alimenter leurs querelles. Nous avons aujourd’hui deux choix. Pas dix, pas trois. Deux.
Soit on continue la logique communautaire (Fédé Wallobrux, interview de Kris Peeters dans La Libre, etc.), soit on arrête les frais et on change de cap. Un pays. Quatre Régions, solidaires et égales en droits. Et basta. Lorsque ça sera fait, on ne devra plus en reparler. Plus de transferts de compétences, plus de négociations interminables, et une organisation politique claire pour le citoyen qui pourra enfin s’y retrouver dans le système institutionnel belge. Voilà. C’est ce qu’on peut souhaiter de mieux à notre pays.

A bon entendeur, et à tous les autres, salut.

04/04/2011

Le blocage politique vu par Pro Bruxsel (TéléBruxelles)

http://www.telebruxelles.net/portail/emissions/les-journaux/le-journal/13981-le-blocage-politique-vu-par-pro-bruxsel

Pro Bruxsel a tenu un congrès dimanche sur le thème "Free Bruxsel, ... boost Belgium!". Ce parti bilingue se prononce pour une Belgique à quatre régions, des listes bilingues à Bruxelles et un bilinguisme parfait dans l'enseignement. Le congrès a réuni une centaine de personnes. Il visait à clarifier la position du parti par rapport au blocage institutionnel actuel, a indiqué le vice-président Thierry Vanhecke. Pour Pro Bruxsel, le blocage actuel est dû à l'approche communautaire.

- Interview de Philippe Delstanche, président de Pro Bruxsel

HORIZON 2014

Le parti entend surtout se profiler en vue des élections régionales de 2014 où il espère atteindre le seuil électoral ce qui donnera quatre élus du côté francophone et un élu du côté flamand.

Pro Bruxsel est favorable à des listes bilingues à Bruxelles. Les deux rôles linguistiques seraient représentés dans les trois premières places et chaque liste devrait compter au moins 25 candidats de l'autre rôle linguistique. Une telle organisation permettrait d'avoir des élus et des ministres qui seraient tous bilingues. On pourrait dès lors réduire le nombre de députés au Parlement bruxellois de 89 à 50, selon M. Vanhecke. Pro Bruxsel est d'avis qu'une des priorités à Bruxelles doit être l'enseignement. Il faut 80 nouvelles écoles à Bruxelles et elles doivent être bilingues, dit le parti.

Dans la perspective des élections communales, Pro Bruxsel négocie la présence de certains de ces membres identifiables sur des listes du bourgmestre ou de cartel, a encore indiqué M. Vanhecke.

03/04/2011

Pro Bruxsel: se libérer du communautarisme et aller vers une Belgique à 4 régions (L'Avenir) / Pro Bruxsel veut une Belgique à 4 régions (Le Soir)

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=243776797
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/elections_2010/2011-04-03/pro-bruxsel-veut-une-belgique-a-4-regions-832107.php

Pro Bruxsel a tenu un congrès dimanche sur le thème "Free Bruxsel, ... boost Belgium! ". Ce parti bilingue se prononce pour une Belgique à 4 régions, des listes bilingues à Bruxelles et un bilinguisme parfait dans l'enseignement.

Le congrès qui s'est tenu dimanche à Schaerbeek a réuni une centaine de personnes. Il visait à clarifier la position du parti par rapport au blocage institutionnel actuel, a indiqué le vice-président Thierry Vanhecke.

Pour Pro Bruxsel, le blocage actuel est dû à l'approche communautaire. "Nous voulons jeter le communautaire aux orties et sommes favorables à une Belgique avec 4 régions solidaires. Dans cette architecture, Bruxelles ne peut pas avoir un sous-statut", a insisté M. Vanhecke. Et de rappeler que Johan Vande Lanotte a également évoqué cette piste dans la conclusion de sa mission de conciliation "mais elle a été balayée dès le lendemain".

Le parti entend surtout se profiler en vue des élections régionales de 2014 où il espère atteindre le seuil électoral ce qui donnera 4 élus du côté francophone et 1 élu du côté flamand.

Pro Bruxsel est favorable à des listes bilingues à Bruxelles. Les deux rôles linguistiques seraient représentés dans les 3 premières places et chaque liste devrait compter au moins 25* candidats de l'autre rôle linguistique.

Une telle organisation permettrait d'avoir des élus et des ministres qui seraient tous bilingues. On pourrait dès lors réduire le nombre de députés au parlement bruxellois de 89 à 50, selon M. Vanhecke.

Pro Bruxsel est d'avis qu'une des priorités à Bruxelles doit être l'enseignement. Il faut 80 nouvelles écoles à Bruxelles et elles doivent être bilingues, dit le parti.

Dans la perspective des élections communales, Pro Bruxsel négocie la présence de certains de ces membres identifiables sur des listes du bourgmestre ou de cartel, a encore indiqué M. Vanhecke.

Belga

*correction : il s'agit de 25% des candidats et non de 25 candidats.